Les 12 et 13 janvier à Kinshasa, un séminaire international a réuni des acteurs des chaînes d’approvisionnement des minerais artisanaux d’Afrique des Grands Lacs et du Sahel. Après deux jours d’échanges, les participants ont dit vouloir renforcer le dialogue et dégager des pistes de solution pour améliorer le travail lié à ces minerais, depuis l’extraction artisanale jusqu’à la circulation des produits.
M. Henry Munzombo, représentant de la ministre de l’Enseignement supérieur, de l’enseignement universitaire, de la recherche scientifique et de l’innovation, a insisté sur l’utilité concrète des discussions. Il estime que les échanges menés pendant ces deux jours peuvent aider chaque participant à mieux faire son travail au quotidien, en y ajoutant des idées et des pratiques tirées de ce qui a été partagé à Kinshasa.
Le professeur Gabriel Kamundala, de l’Université de Zurich et parmi les organisateurs, a expliqué que la rencontre visait à créer un cadre de dialogue entre trois catégories d’acteurs qui ne se parlent pas toujours assez : les chercheurs, les décideurs et les personnes qui vivent l’activité minière au jour le jour, en particulier les creuseurs. Pour lui, l’objectif a été atteint parce que les parties prenantes ont produit des pistes de recherche et se sont engagées à poursuivre les échanges, afin de mieux orienter les travaux, comparer ce qui fonctionne ailleurs et ce qui ne fonctionne pas, puis identifier des approches complémentaires.
Muriel Côte, maîtresse de conférences à l’Université de Lund en Suède, a aussi dit sa satisfaction après des échanges qu’elle décrit comme riches et solides. Elle souligne que, même si le sujet est vaste, les discussions ont permis d’ouvrir des voies de travail et surtout de créer des connexions entre participants, avec l’espoir qu’elles se maintiennent dans la durée. À ses yeux, la valeur de ces assises tient au fait d’avoir mis en regard les points de vue de plusieurs parties prenantes impliquées dans l’approvisionnement en minerais artisanaux.
Un dialogue « vertical et inclusif » pour rapprocher le terrain et les politiques publiques
Le séminaire portait sur le thème « Regards croisés sur le travail dans les chaînes d’approvisionnement des minerais artisanaux en Afrique des Grands Lacs et au Sahel ». L’ambition était de construire un dialogue vertical et inclusif : d’un côté, les chercheurs et les décideurs, de l’autre, les mineurs artisanaux. L’enjeu est de faire circuler, dans un même espace, le savoir scientifique, l’expérience de terrain et les perspectives politiques, afin de mieux comprendre le fonctionnement de ces chaînes et d’identifier des solutions applicables.
— M. MASAMUNA
