Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a inspecté le 7 octobre 2025 le Grand Moulin de Kinshasa (GMK) à Ngaliema. Objectif : vérifier la capacité de production locale avant d’arrêter des mesures limitant l’entrée de farines de maïs et de froment importées, accusées de concurrence déloyale sur le marché de l’Ouest du pays.
Capacités, demande et cap vers la substitution aux importations
Sur site, le GMK affiche des volumes capables d’alimenter le marché : 9 000 tonnes de farine de maïs par mois pour une demande locale de 7 500 tonnes, et 30 000 tonnes de farine de froment face à une demande mensuelle de 20 000 tonnes. Ce différentiel conforte la stratégie de substitution aux importations portée par le gouvernement : réduire les flux entrants, soutenir l’écoulement des produits made in DRC et préserver la liquidité nationale par la baisse des sorties de devises liées aux achats extérieurs.
Le déplacement du ministre s’inscrit dans une logique de sauvegarde industrielle : rétablir des marges pour les producteurs nationaux exposés à des prix d’import parfois inférieurs aux coûts internes, stabiliser l’offre et sécuriser l’approvisionnement des ménages. La mise en œuvre annoncée de restrictions ciblées vise à corriger le déséquilibre prix/volume causé par certains arrivages en provenance de l’Angola et d’autres pays, tout en laissant aux opérateurs locaux la latitude d’accroître la production et d’améliorer la compétitivité.
Avant la visite d’atelier, Julien Paluku s’est entretenu avec la direction du GMK. Les équipes techniques, conduites par le directeur général Papy Alekoli, ont présenté les paramètres de la chaîne de transformation, les capacités installées et les cadences actuelles. À l’issue de la tournée, le ministre a rappelé l’accompagnement attendu du ministère de l’Agriculture pour sécuriser l’approvisionnement en matières premières, condition d’un volume régulier et d’une baisse des coûts unitaires à terme.
La feuille de route est claire : prioriser l’offre locale, assainir la formation des prix sur le marché, et orienter la balance commerciale du secteur vers un moindre recours aux importations. Les producteurs sont invités à accroître la production afin d’inonder les marchés nationaux et de consolider la recette fiscale associée à l’activité formelle. Les décisions réglementaires annoncées devront désormais être traduites en actes pour sécuriser la part de marché domestique tout en garantissant la qualité et la disponibilité pour les consommateurs.
— M. KOSI
