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Kinshasa lance la démolition des marchés pirates autour de Zando

Gouvernement

Le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a ordonné le début des opérations de démolition des marchés pirates dès le 21 avril 2026 autour du marché central. Plusieurs avenues stratégiques sont concernées, avec un objectif affiché : réduire les embouteillages et rétablir la circulation.

Les bulldozers sont entrés en action dans la soirée du mardi 21 avril 2026 sur les principales artères autour du marché « Zando ». Les avenues Kasa-Vubu, Rwakadingi et Bokasa figurent parmi les premières zones ciblées, mais l’opération s’étend aussi à d’autres axes comme Plateau, Wangata, Dima, Isoke et Kigoma, où toute activité commerciale installée de manière informelle sur la voie publique est désormais interdite. Cette intervention marque un tournant après plusieurs semaines de sensibilisation dans le cadre de la campagne « Balabala Ezali Wenze Te », qui visait à convaincre les vendeurs de libérer les espaces publics avant le passage à des mesures plus contraignantes.

Désengorger la ville et réorganiser le commerce

L’objectif immédiat est de libérer les routes et les trottoirs dans une zone qui concentre une forte activité commerciale et un trafic dense. À Kinshasa, les marchés informels installés sur la chaussée réduisent considérablement l’espace de circulation, ce qui ralentit les déplacements et accentue les embouteillages. En rétablissant l’usage normal des voies publiques, les autorités cherchent à améliorer la mobilité urbaine et à rendre les trottoirs à leur fonction première, celle de faciliter le passage des piétons.

Le gouverneur a rappelé une règle claire : « Les trottoirs sont réservés aux piétons. Les commerces doivent s’organiser pour éviter tout débordement sur la voie publique ». Dans la pratique, cela signifie que toute occupation illégale expose désormais les contrevenants à des sanctions immédiates, notamment la saisie des marchandises et des arrestations. Cette approche traduit une volonté d’imposer rapidement l’ordre dans des zones où les activités commerciales se sont développées sans encadrement strict.

Cette opération s’inscrit aussi dans la vision portée par le président Félix-Antoine Tshisekedi, qui met en avant la nécessité d’une capitale mieux organisée, avec des règles urbaines respectées. L’enjeu dépasse la seule question de la circulation : il touche à la gestion de l’espace public dans une ville confrontée à une croissance rapide de sa population et à une pression constante sur les infrastructures.

En parallèle, le gouvernement provincial tente d’apporter une réponse aux commerçants concernés en proposant des alternatives. La souscription aux étals, kiosques et magasins du marché central est prolongée, afin d’encourager les vendeurs à intégrer des espaces formels. L’idée est de canaliser les activités commerciales vers des zones organisées, où elles peuvent se développer sans perturber la circulation, tout en permettant aux autorités de mieux encadrer et suivre ces activités économiques.

— Peter MOYI

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