Kinshasa a officiellement lancé, le 3 septembre 2025, les travaux de la Commission permanente interministérielle chargée de la rationalisation de la parafiscalité (COPIRAP). Cette instance, installée au Centre financier de la capitale, a pour mandat de mettre de l’ordre dans un système de prélèvements souvent jugé opaque et coûteux pour l’économie congolaise. L’initiative est portée par le président Félix Tshisekedi et suivie de près par la Première ministre Judith Suminwa.
Mettre fin à la prolifération des taxes et améliorer la répartition budgétaire
La COPIRAP, coordonnée par le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, s’appuie sur l’Arrêté interministériel Finances-Budget adopté en mai 2025. Ce texte encadre désormais la collecte des taxes parafiscales et vise à éliminer les chevauchements qui, jusqu’ici, affaiblissaient la mobilisation des recettes.
Le message d’Adolphe Muzito a été direct :
« Les membres de la COPIRAP devront travailler d’arrache-pied pour rationaliser les taxes parafiscales conformément à l’Arrêté de mai dernier. Cela permettra au Gouvernement d’améliorer l’affectation des ressources en faveur des priorités budgétaires, avec la totalité des droits, taxes et redevances du Pouvoir central », a-t-il affirmé.
La réforme intervient dans un contexte où la parafiscalité pèse lourdement sur les entreprises, notamment dans les secteurs minier et industriel, réduisant leur compétitivité. Selon les experts du Budget, la rationalisation des prélèvements devrait permettre de dégager davantage de liquidités pour financer les dépenses sociales et les infrastructures. En centralisant la collecte et en clarifiant les règles, l’État espère limiter les pertes liées à la multiplicité des guichets de perception et renforcer la discipline budgétaire.
Au-delà de l’allègement administratif, l’enjeu est également monétaire : une meilleure transparence fiscale pourrait stabiliser les prévisions de recettes, réduire le recours à la planche à billets et améliorer la crédibilité de la politique budgétaire auprès des bailleurs.
— Peter MOYI
