Kinshasa : travaux d’urgence pour sécuriser le pylône P8 de la ligne Inga–Kimwenza

La firme chinoise SCI a engagé la stabilisation du site autour du pylône P8, au sud-ouest de Kinshasa, pour freiner l’érosion qui menace la ligne haute tension Inga–Kimwenza. L’Hôtel de ville lance des expropriations en procédure d’urgence afin de libérer l’assiette de la SNEL. Démarrage opérationnel annoncé le 2 octobre 2025.

Pourquoi le P8 conditionne la continuité d’alimentation à Kinshasa

Les équipes de SCI préparent l’accès des engins et posent des bacs à sable dans les ravins pour casser la vitesse de l’eau et limiter les dégâts en cas de pluies. Enjeu technique immédiat : préserver l’intégrité de la fondation d’un pylône dimensionné pour 400 kV, aujourd’hui exploité à 220 kV. Ce différentiel de tension offre une marge d’exploitation, mais l’érosion annule cet avantage en fragilisant la structure à la base.

Le ministère des Infrastructures décrit une situation dégradée : ventes illicites de parcelles et constructions jusqu’au pied de l’ouvrage, sur un sol limoneux instable. Le cadre réglementaire impose une servitude de 25 mètres de part et d’autre de l’axe, soit 50 mètres au total. Des habitations s’y sont tout de même installées, exposant les occupants aux risques électriques et compromettant la sécurité de l’équipement. Le chef de poste SNEL Mitendi, Mbala Serge, résume : « Les constructions anarchiques favorisent l’avancée rapide de l’érosion et mettent en danger l’ouvrage de la SNEL ».

La ligne Inga–Kimwenza alimente plusieurs postes stratégiques de la capitale. Sa perte aurait un coût économique immédiat : arrêt d’activités, pertes de recettes, perturbations logistiques. Le 28 septembre 2025, lors d’une réunion d’urgence avec l’Office des routes et la SNEL, le directeur des Transports de l’entreprise, Ngindu Mutshima Kola, a averti : « Si les trois lignes venaient à s’écrouler, deux tiers de Kinshasa seraient dans le noir ». D’où la décision du ministre John Banza de lancer sans délai les travaux de stabilisation, pendant que l’autorité urbaine procède à la libération du site pour sécuriser l’intervention et rétablir les distances de sécurité.

Objectif des prochains jours : contenir l’érosion, consolider l’assise du pylône et préserver la continuité d’alimentation électrique. À défaut, la vulnérabilité du réseau se traduirait par un risque accru de délestages étendus, avec des impacts directs sur la production et les services essentiels.

— Peter MOYI

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