La ville de Kisangani en République Démocratique du Congo, confrontée depuis des années à une insuffisance énergétique sévère, pourrait bientôt connaître un changement majeur grâce à un investissement conséquent de 120 millions USD. Cette enveloppe est destinée à la rénovation des infrastructures électriques vieillissantes et à l’implantation de nouvelles installations pour répondre aux besoins croissants de la ville.
Piloté par le Ministère de la Justice, en collaboration avec les ministères des Ressources hydrauliques et du Portefeuille, ce projet engage des fonds pour remettre à niveau la centrale hydroélectrique Tshopo 1 et pour lancer les études en vue de construire Tshopo 2. En effet, cette initiative s’inscrit dans une dynamique visant à rendre Kisangani moins dépendante des infrastructures défaillantes actuelles et à renforcer son accès à l’électricité.
La stratégie mise en place inclut également des indemnisations pour les populations locales affectées par le chantier, une démarche soutenue par les autorités locales et appuyée financièrement par le programme Frivao. Justin Bensesana N’Zama, chef de file des élus de la région de la Tshopo, a exprimé l’importance de ces mesures, soulignant le besoin urgent de fiabiliser l’approvisionnement en électricité.
Pour amorcer le projet, 50 millions USD ont déjà été alloués, une somme que le sénateur Jean Bamanisa considère néanmoins insuffisante pour couvrir les besoins à long terme. Il appelle ainsi le Parlement à prévoir des financements additionnels sur la période budgétaire 2025-2027 afin d’assurer une continuité dans les investissements pour la région.
La Société Nationale d’Électricité (SNEL), chargée de superviser la modernisation, collabore étroitement avec des partenaires internationaux. L’appui de l’Agence Française de Développement (AFD) et de l’Union Européenne (UE) permet d’intégrer des fonds externes dans ce chantier ambitieux, consolidant ainsi l’assise financière pour un approvisionnement énergétique de qualité à Kisangani.
Le projet devrait entrer dans sa phase opérationnelle dans les trois à quatre mois à venir. L’impact espéré va au-delà d’une simple amélioration des conditions de vie pour les résidents de Kisangani : une alimentation en énergie fiable pourrait également encourager la croissance des petites et moyennes entreprises, stimulées par la stabilité énergétique.
Avec cet investissement significatif, la RDC mise sur la transformation énergétique de Kisangani pour impulser une dynamique économique locale, tout en jetant les bases d’un environnement propice à de futurs investissements dans le secteur des infrastructures.
Peter MOYI
