KoBold Minerals mise sur le lithium de Manono et 50 millions USD d’investissements en RDC

Benjamin katabuka, directeur général de kobold minerals drc

KoBold Minerals affirme avoir déjà investi 50 millions USD en RDC, dont 20 millions USD versés au gouvernement congolais. À l’Expo Béton RDC 2026, l’entreprise américaine a présenté Manono comme un espace stratégique pour le lithium, avec 14 permis de recherche sur le lithium et le cuivre.

À Kalemie, lors de la 11ᵉ édition de l’Expo Béton RDC 2026, Benjamin Katabuka, Directeur général de KoBold Minerals DRC, a défendu une vision minière fondée sur la technologie. L’entreprise veut utiliser l’intelligence artificielle, les données géologiques et la modélisation numérique pour mieux identifier les gisements.

« Nous sommes une entreprise minière qui est venue révolutionner l’exploitation minière », a déclaré Benjamin Katabuka. Derrière cette phrase, KoBold Minerals cherche à se distinguer des approches minières classiques. Son modèle ne repose pas seulement sur l’extraction. Il met aussi l’accent sur la collecte de données, leur analyse et leur utilisation pour réduire les risques liés à l’exploration.

Manono occupe une place centrale dans cette stratégie. Selon Benjamin Katabuka, la zone couvre « le plus grand gisement de lithium dans le monde ». Ce minerai entre dans la fabrication des batteries, des véhicules électriques, du stockage d’énergie et de plusieurs équipements numériques. Pour la RDC, déjà connue pour son cobalt et son cuivre, le lithium peut ouvrir une nouvelle page économique, à condition que le pays tire plus de valeur de ses ressources.

Le lithium replace Manono dans les chaînes mondiales des batteries

KoBold Minerals indique être entrée officiellement en RDC après un accord signé avec le gouvernement congolais. L’entreprise dispose de 14 permis de recherche pour le lithium et le cuivre. À ce stade, elle mène encore des travaux d’exploration, avec des prélèvements, des analyses géologiques et une cartographie des réserves.

Cette étape sert à mesurer la qualité du minerai, à estimer les volumes disponibles et à évaluer la rentabilité d’une future exploitation. Elle permet aussi de préparer les investissements nécessaires avant le passage à une phase industrielle.

L’entreprise met aussi en avant les infrastructures. Benjamin Katabuka a évoqué la construction de routes pour désenclaver les zones d’exploitation. Dans le Tanganyika, où les coûts logistiques restent élevés, ces routes peuvent faciliter la circulation des minerais, mais aussi améliorer les échanges commerciaux, l’accès aux marchés agricoles et la mobilité des populations.

Les 50 millions USD déjà engagés par KoBold Minerals donnent une première idée du poids financier du projet. Les 20 millions USD versés au gouvernement congolais montrent aussi l’enjeu pour les finances publiques. Dans le secteur minier congolais, ces paiements restent suivis de près, car ils touchent à la transparence, aux recettes de l’État et à la gouvernance des ressources naturelles.

Le discours de KoBold Minerals renvoie aussi à la place croissante des États-Unis dans les minerais critiques congolais. Pour Washington, la RDC représente une source possible d’approvisionnement pour les batteries et les technologies énergétiques. Pour Kinshasa, ce partenariat peut apporter des capitaux, des emplois qualifiés, des routes et des compétences techniques.

Mais le vrai test reste national. Le lithium de Manono ne changera durablement l’économie congolaise que s’il soutient la transformation locale, la formation de la main-d’œuvre, la transparence des paiements et une meilleure intégration du Tanganyika dans l’économie du pays.

— M. KOSI

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