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Kongo Central : le FOREC lance un projet pilote pour relancer la culture de la pomme de terre

pomme de terre

Le Fonds de Régulation Économique (FOREC), sous la tutelle du ministère de l’Économie nationale, a lancé le 14 mai 2026 à Mbanza-Ngungu, dans le Kongo Central, une phase pilote destinée à relancer la culture de la pomme de terre. L’initiative repose sur une subvention de semences accordée à l’Union des coopératives maraîchères Nsimabani, une structure qui rassemble 11 associations agricoles locales. À travers ce projet, les autorités veulent soutenir la production nationale et réduire progressivement la dépendance de la RDC aux importations alimentaires.

Le choix de Mbanza-Ngungu s’explique par les conditions agricoles favorables du territoire pour les cultures maraîchères. Malgré ce potentiel, les producteurs locaux restent confrontés à plusieurs difficultés : accès limité aux semences de qualité, manque d’intrants, faibles possibilités de financement et difficultés de commercialisation. Le FOREC veut donc tester un mécanisme d’appui capable d’améliorer la production tout en renforçant l’organisation des coopératives agricoles.

Selon le secrétaire exécutif du FOREC, Jean-Paul Nemoyato, cette intervention doit servir de base à des actions plus structurées dans les prochaines années. L’objectif ne se limite pas à la distribution de semences. Le programme cherche aussi à vérifier si des coopératives bien accompagnées peuvent augmenter leurs rendements, mieux écouler leurs récoltes et répondre à une demande locale de plus en plus importante. La cérémonie de lancement a d’ailleurs été marquée par la signature d’un protocole d’accord entre les différentes parties impliquées afin de définir les responsabilités, les modalités d’accompagnement et le suivi des résultats attendus.

Au-delà de cette phase expérimentale, le projet pose la question plus large de la sécurité alimentaire en RDC. Le pays dispose d’importantes terres agricoles, mais continue d’importer une part élevée de ses produits alimentaires. Cette situation s’explique notamment par le manque d’infrastructures rurales, l’insuffisance des capacités de stockage et la faible transformation locale des productions agricoles. Dans ce contexte, la relance de certaines filières vivrières est présentée par les autorités économiques comme un moyen de renforcer l’offre locale et de soutenir les revenus des agriculteurs.

La réussite du projet dépendra toutefois de plusieurs facteurs, notamment la qualité des semences distribuées, l’encadrement technique des producteurs, l’accès à l’eau et la capacité des coopératives à vendre leur production dans de bonnes conditions. Si les résultats obtenus à Mbanza-Ngungu sont jugés satisfaisants, le modèle pourrait être élargi à d’autres zones agricoles du pays et à d’autres cultures vivrières dans une logique de réduction progressive des importations.

— Peter MOYI

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