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La guerre en Iran propulse les primes sur l’aluminium à leur plus haut niveau en trois ans en Europe

aluminium

Les primes négociées sur les billettes d’aluminium en Europe ont atteint leur niveau le plus élevé depuis décembre 2022, sous l’effet des perturbations d’approvisionnement liées au conflit au Moyen-Orient. En Espagne, ces primes ont bondi à 720-800 dollars la tonne contre 538-590 dollars à la mi-février. En Italie, elles se situent entre 750 et 820 dollars la tonne, contre 570-605 dollars fin février. L’Allemagne affiche une progression plus modérée, à 700-775 dollars la tonne.

Les billettes d’aluminium sont des produits semi-finis utilisés dans l’industrie automobile, le bâtiment et l’emballage. Leur disponibilité dépend en grande partie des fonderies du Golfe persique, qui assurent 9 % de la production mondiale.

Deux producteurs majeurs de la région sont directement touchés. La fonderie Qatalum, au Qatar, opérée par Norsk Hydro et Qatar Aluminum Manufacturing, fonctionne à 60 % de sa capacité depuis que son fournisseur de gaz a réduit ses livraisons début mars. Le producteur bahreïni Alba a annoncé le 15 mars la mise à l’arrêt de trois lignes de production représentant 308 370 tonnes de capacité annuelle, soit 19 % de sa production locale, après avoir émis une déclaration de force majeure sur certaines livraisons dès le 4 mars.

La situation est aggravée par l’entrée en maintenance de la fonderie Mozal, au Mozambique, qui approvisionnait l’Europe en lingots d’aluminium, faute de contrat énergétique suffisamment compétitif.

Des consommateurs européens sous pression, une opportunité pour d’autres producteurs

En Espagne, les opérateurs estiment disposer encore de six à huit semaines de stocks. Au-delà, la situation deviendra critique selon plusieurs acheteurs. Des primes entre 850 et 900 dollars la tonne sont déjà anticipées pour les livraisons du deuxième trimestre. « Sur ce marché, en 24 heures la situation peut beaucoup évoluer », avertit un trader, qui pointe aussi le risque de difficultés de financement liées à la hausse simultanée des primes et des cours sur le London Metal Exchange.

Certains producteurs hors Union européenne envisagent de basculer de la production de brames vers celle de billettes pour profiter de la situation. « La situation est inhabituelle et peut représenter une opportunité », estime l’un d’eux.

Pour la RDC, grande exportatrice de cuivre et de cobalt, cette volatilité sur les marchés des métaux industriels rappelle l’exposition de l’économie mondiale aux tensions géopolitiques du Moyen-Orient, et la fragilité des chaînes d’approvisionnement en matières premières stratégiques.

— M. KOSI

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