La République démocratique du Congo participe ce 10 mars 2026 au sommet mondial sur l’énergie nucléaire organisé à Paris, à l’initiative du gouvernement français en collaboration avec l’Agence internationale de l’énergie atomique. Réunissant plus d’une centaine de chefs d’État et de gouvernement, ce sommet représente pour Kinshasa une occasion de repositionner la RDC comme acteur nucléaire crédible sur le continent africain.
Selon le porte-parole du gouvernement qui cite la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, la délégation congolaise entend défendre plusieurs priorités : réaffirmer le statut historique de la RDC dans le domaine nucléaire en Afrique, moderniser et relancer ses structures nucléaires, attirer des partenariats stratégiques et des financements internationaux, et renforcer la sûreté conformément aux standards de l’AIEA. La ministre a aussi mis en garde contre toute marginalisation du pays dans la recomposition du leadership nucléaire régional.
La RDC dispose d’une présence historique dans le nucléaire, notamment à travers le Centre nucléaire de Kinshasa, opérationnel depuis les années 1950. Le pays possède aussi des réserves d’uranium, matière première indispensable à l’industrie nucléaire civile.
Un cadre juridique récemment modernisé, mais des tensions institutionnelles persistantes
Sur le plan interne, le gouvernement a adopté en mai 2025 un nouveau texte encadrant l’utilisation sûre, sécurisée et pacifique des rayonnements ionisants et des applications nucléaires. Ce cadre aligne la législation congolaise sur les normes internationales, avec des dispositions sur la sûreté, les garanties internationales et la responsabilité civile en cas d’incident nucléaire, incluant des mécanismes d’indemnisation. Il vise aussi à permettre au Comité national de protection contre les rayonnements ionisants, le CNPRI, de remplir pleinement son rôle de régulateur.
Pourtant, le secteur nucléaire congolais reste marqué par des frictions institutionnelles. En 2023, le Commissariat général à l’énergie atomique avait accusé le CNPRI d’empiéter sur ses prérogatives, estimant que la loi de 2022 avait justement pour objectif de séparer les rôles d’opérateur et de régulateur afin d’éviter qu’une même institution soit à la fois juge et partie dans un domaine aussi sensible.
Ces divergences internes fragilisent la gouvernance du secteur au moment où la RDC cherche à convaincre des partenaires internationaux d’y investir.
— Joldie KAKESA
