La RDC investit son Eurobond dans l’hydroélectricité et les infrastructures pour diversifier une économie captive des mines

À Washington, en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, le ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde a précisé l’usage des 1,25 milliard de dollars levés lors de la première émission obligataire souveraine de la RDC. Dans un entretien accordé à Bloomberg, il a tracé une ligne claire : les fonds financeront des investissements dans l’hydroélectricité et les infrastructures de transport, avec pour objectif d’élargir la base économique au-delà du secteur extractif.

« Nous visons un équilibre entre la croissance minière et la croissance hors secteur minier. Les minéraux critiques sont des atouts stratégiques, mais la résilience repose sur ce que nous construisons autour », a-t-il déclaré.

Sept projets concrets ont été identifiés. Dans le transport, la modernisation de l’aéroport international de N’djili, la réhabilitation de la RN4 entre Kisangani et Beni et le développement de voiries urbaines à Kinshasa. Dans l’énergie, une ligne de transmission entre la Zambie et la ceinture cuprifère et la centrale de Katende. Cinq centres de formation complètent ce portefeuille pour agir sur le capital humain.

L’enjeu est réel. Le cuivre et le cobalt représentent plus de 90 % des exportations et près d’un quart du PIB congolais. Les investissements directs étrangers, en hausse de 60 % depuis 2019, restent majoritairement orientés vers le secteur extractif. Cette concentration expose l’économie à la volatilité des prix des matières premières.

Un ratio d’endettement de 20 % du PIB qui préserve la capacité d’emprunt

La position financière de la RDC reste favorable. Avec un ratio d’endettement d’environ 20 % du PIB, le pays se situe bien en dessous de nombreux États africains dont les niveaux dépassent 60 %. Cet écart maintient une capacité d’emprunt, mais renforce l’exigence sur la qualité des projets financés. « Nous voulons être un émetteur souverain régulier », précise Doudou Fwamba, tout en indiquant qu’il n’y a « aucune urgence » à retourner sur les marchés.

Des réformes budgétaires accompagnent cette stratégie. La facturation électronique de la TVA devrait générer plus de 200 millions de dollars de recettes supplémentaires. La réduction des subventions aux carburants, passées de près de 500 millions à moins de 70 millions de dollars, libère des marges pour l’investissement.

Sur le plan macroéconomique, les projections du FMI placent la RDC parmi les principales économies d’Afrique subsaharienne en 2026, avec un PIB attendu à 123 milliards de dollars, devançant l’Éthiopie à 122 milliards, dont la monnaie a subi une dépréciation plus marquée.

— M. KOSI

Partagez cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Quitter la version mobile