Le gouvernement congolais a adopté lors du Conseil des ministres du 6 mars 2026 deux projets de loi pour ratification parlementaire. Le premier autorise la ratification de l’accord de paix signé le 27 juin 2025 à Washington entre la RDC et le Rwanda sous médiation américaine. Le second valide le partenariat stratégique conclu le 4 décembre 2025 entre Kinshasa et Washington. La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a personnellement déposé ces textes auprès des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat.
Les deux accords placent les minerais critiques au cœur de leurs enjeux. La RDC détient une part majeure des réserves mondiales de cobalt, coltan et lithium, des ressources indispensables aux batteries électriques et aux semi-conducteurs. Sécuriser leur exploitation et leur commercialisation est devenu un impératif à la fois économique et géopolitique.
L’accord de paix avec le Rwanda cible directement les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les conflits armés ont longtemps alimenté l’exploitation minière informelle et la contrebande de ressources vers les pays voisins. Le Rwanda, régulièrement accusé par Kinshasa de soutenir des groupes armés comme l’AFC/M23, est appelé à coopérer dans la sécurisation des chaînes d’approvisionnement et le contrôle aux frontières. Une stabilisation de ces zones permettrait à des opérateurs comme Tenke Fungurume Mining et Kibali Goldmines de consolider et d’accroître leurs productions.
Washington comme levier contre la domination chinoise
Le partenariat stratégique avec les États-Unis répond à une autre logique. Face à la domination de la Chine dans le raffinage et la commercialisation des minerais critiques africains, Washington cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement. La RDC s’impose comme un partenaire incontournable dans cette équation.
Concrètement, cette coopération pourrait se traduire par des investissements américains dans l’exploration, l’extraction responsable et la transformation locale des minerais. Des projets pilotes sont envisagés sur des sites comme Tenke Fungurume et Manono, notamment pour le lithium, avec un appui technique au développement d’unités de raffinage sur place.
Les deux textes sont désormais entre les mains du Parlement, où un examen avant la fin de la session de mars est espéré. Plusieurs défis restent à relever : résistance des acteurs du secteur informel, renforcement des capacités douanières contre la contrebande et intégration des communautés locales pour prévenir de nouveaux conflits autour des ressources minières.
— M. KOSI
