Un changement de paradigme traverse le continent africain. De plus en plus de pays producteurs de minerais cherchent à transformer leurs ressources sur place plutôt que de les exporter à l’état brut, captant ainsi une part plus importante de la valeur générée par leurs sous-sols.
La RDC a concrétisé cette ambition le 11 mars 2026 avec l’inauguration de sa première raffinerie d’or à Kalemie, dans la province du Tanganyika. L’installation, capable de produire des lingots à 99,9 % de pureté, vise à mettre fin à des décennies d’exportation d’or brut vers des raffineries étrangères et à retenir davantage de revenus dans le pays.
Le Botswana s’engage dans la même direction pour le cuivre. Le gouvernement a commandé une étude de faisabilité pour évaluer la viabilité d’une raffinerie de cuivre adossée à la mine de Khoemacau. Si le projet aboutit, le pays pourrait dépasser la simple exportation de concentrés minéraux pour accéder à la valeur ajoutée du raffinage national.
La Zambie, candidate naturelle au leadership régional
Ces initiatives illustrent une tendance plus profonde : les nations africaines commencent à remettre en cause le modèle traditionnel qui consiste à exporter des matières premières brutes tout en important des produits finis transformés. En investissant dans la transformation locale, elles créent des emplois, renforcent leurs capacités industrielles et retiennent une plus grande part de leurs richesses minérales.
Dans cette dynamique, la Zambie occupe une position stratégique. Premier producteur de cuivre de la région, avec des infrastructures minières établies de longue date, le pays dispose du potentiel pour devenir un hub régional de raffinage, de fabrication et d’industrialisation à base de cuivre. Une ambition que les exemples congolais et botswanais contribuent à rendre plus crédible.
— Peter MOYI
