Site icon LePoint.cd

Le cacao et le café congolais menacés d’exclusion : la FEC appelle à une réponse gouvernementale

Cacao

La République démocratique du Congo fait face à une menace économique sérieuse : ses exportations de cacao et de café pourraient être exclues du marché européen. C’est ce qu’a révélé la Fédération des entreprises du Congo (FEC) dans une correspondance adressée au ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku. La nouvelle a provoqué une onde de choc parmi les acteurs économiques de la région de Beni, une zone fortement dépendante de ces cultures.

Le problème prend sa source dans le retrait des certifications « Fairtrade » et « BIO », nécessaires pour que les produits congolais accèdent aux marchés internationaux exigeants. Ce retrait, officiellement notifié par Flocert et Africert, serait lié à l’incapacité des organismes européens à effectuer leurs contrôles sur le terrain, en raison de l’insécurité qui persiste dans le Nord-Kivu. Une telle décision pourrait avoir des conséquences désastreuses pour une économie déjà fragilisée par des décennies de conflits.

Pour les opérateurs congolais, cette situation est incompréhensible. Pendant des années, des efforts colossaux ont été déployés pour relancer la filière du cacao et du café, avec le soutien de partenaires internationaux tels que l’Union européenne, USAID ou encore la Banque mondiale. Ces investissements, qui ont permis au Congo de regagner une place sur le marché global, risquent désormais d’être réduits à néant.

La perte de ces certifications ne concerne pas uniquement les exportateurs. Elle affecte directement les producteurs, souvent des communautés rurales qui dépendent de ces cultures pour leur survie. Sans accès au marché européen, les revenus des agriculteurs pourraient chuter drastiquement, entraînant des répercussions sociales profondes dans des zones déjà marquées par la pauvreté et le chômage.

Pour les autorités congolaises, le défi est immense. La sécurité, condition sine qua non pour attirer des investisseurs et rassurer les partenaires internationaux, reste un problème majeur. Les zones de production de cacao et de café, situées dans des régions sous l’emprise de groupes armés, sont particulièrement touchées. Malgré tout, les appels à une intervention gouvernementale se multiplient. Les acteurs économiques demandent des mesures concrètes pour sécuriser ces régions et permettre aux contrôles de certification de reprendre.

Le temps presse. À partir de janvier 2025, sans solution rapide, le cacao et le café congolais ne pourront plus être vendus en tant que produits biologiques ou équitables en Europe. Une telle exclusion risquerait de priver le pays de devises essentielles et de ternir davantage son image sur la scène économique mondiale.

Dans ce contexte tendu, la mobilisation de l’État et des partenaires internationaux est indispensable. L’avenir du cacao et du café congolais, mais aussi celui de milliers de familles qui en dépendent, repose désormais sur la capacité des autorités à répondre à cette crise avec détermination.

— M. KOSI

Quitter la version mobile