A Lusaka, le Premier ministre chinois Li Qiang a lancé les travaux de revitalisation du chemin de fer Tanzanie–Zambie (TAZARA). Objectif annoncé : faire passer la capacité de fret d’environ 200 000 tonnes par an à 2,4 millions de tonnes, tout en réduisant le temps de transport des deux tiers.
Cette ligne de 1 860 kilomètres relie le port de Dar es Salaam (Tanzanie) à New Kapiri Mposhi (centre de la Zambie). Pour un pays enclavé comme la Zambie, le rail est un moyen direct d’atteindre la mer, donc d’exporter des ressources et d’importer des biens à moindre coût.
TAZARA n’est pas un projet récent. La voie a été construite entre 1970 et 1975 avec un prêt chinois à taux zéro, avant un démarrage commercial en juillet 1976. Plus de 50 000 ingénieurs et ouvriers chinois ont travaillé sur le chantier pendant cinq ans et huit mois, aux côtés de partenaires tanzaniens et zambiens. Le projet est aussi connu comme le « chemin de fer Uhuru », un terme swahili qui renvoie à la liberté et à l’indépendance.
Ce que la modernisation doit changer pour l’économie locale
Ces dernières années, la ligne a connu plusieurs interruptions. Le texte évoque deux causes principales : une capacité de transport devenue insuffisante au regard du développement économique et des dégâts liés à des catastrophes naturelles. Quand le rail s’arrête, les échanges ralentissent, les prix de transport montent et la circulation des marchandises devient moins prévisible pour les entreprises.
Selon Liao Jianfeng, directeur général d’un centre de gestion de la China Civil Engineering Construction Corporation (CCECC), les travaux prévus portent sur des éléments très concrets : remplacement des traverses, pose de nouveaux rails, réparation de ponts à risque, renforcement des systèmes d’alimentation électrique et de communication, et restauration des capacités logistiques. L’idée est de remettre la ligne en état pour transporter plus, plus vite et de façon plus régulière.
Le projet inclut aussi un volet “vie quotidienne” : maintien et amélioration des services voyageurs existants, et renforcement d’infrastructures et d’équipements le long de la ligne. Un centre de formation doit également être créé pour renforcer les compétences et la gestion ferroviaire, avec une promesse de plus de 20 000 emplois.
Les promoteurs du projet mettent en avant l’effet attendu sur les circuits de vente : mieux transporter les produits des zones de production vers les villes, puis vers l’export. Cela peut réduire les pertes, améliorer l’accès aux marchés et encourager des activités autour des gares et des dépôts : logistique, transformation agricole, commerce et tourisme.
Enfin, l’histoire de la ligne reste marquée par un coût humain. Un parc commémoratif proche de Lusaka conserve des souvenirs du chantier. Le texte indique que 69 travailleurs chinois sont morts pendant la construction, dont 18 en Zambie, et que leurs outils, effets personnels et photos y sont exposés.
Source : french.news.cn
— M. KOSI
