Un navire cargo venu du Liberia a accosté au port chinois de Qingdao avec des conteneurs de caoutchouc naturel, vite dirigés vers des usines de pneus du Shandong. Sur les dix premiers mois de l’année, la province a importé pour 87,645 milliards de yuans de marchandises africaines, soit +50,3 % sur un an, d’après les douanes de Qingdao.
Caoutchouc, café, avocats : ce que la demande chinoise change pour les chaînes d’approvisionnement
Au Shandong, le caoutchouc naturel libérien est présenté comme une matière première recherchée pour fabriquer des pneus haut de gamme. Dans un entrepôt de Triangle Tyre Co., Ltd à Weihai, il est stocké par lots. Un responsable explique que ce caoutchouc, certifié ISCC PLUS, aide à renforcer la résistance des pneus.
Même logique chez Shandong Linglong Tyre Co., Ltd. Son responsable, Wang Litao, affirme que l’entreprise a stabilisé ses approvisionnements en matière première et que, de janvier à novembre de cette année, elle a importé 25 000 tonnes de caoutchouc naturel en provenance d’Afrique.
Qingdao est décrit comme le premier port chinois pour les importations de caoutchouc. Les chiffres des douanes à Qingdao montrent aussi le poids de cette filière dans le commerce avec l’Afrique : sur les dix premiers mois de l’année, les importations du Shandong depuis l’Afrique atteignent 87,645 milliards de yuans (+50,3 % sur un an). Dans ce total, les importations de caoutchouc naturel et synthétique s’élèvent à 2,6 milliards de yuans, en hausse de 50,7 % sur un an.
Le mouvement ne concerne pas seulement les matières premières industrielles. Dans plusieurs grands ports chinois, des produits agricoles africains arrivent aussi en volume par bateau. Le texte cite notamment les grains de café d’Éthiopie, les piments et avocats du Rwanda, ainsi que le miel de Zambie, devenus plus visibles sur le marché chinois et appréciés par les consommateurs.
Un levier cité est une décision commerciale appliquée depuis décembre dernier : la Chine a accordé à tous les pays les moins développés ayant des relations diplomatiques avec elle une exonération complète des droits de douane. Dans une logique de prix à l’importation, ce type de mesure peut faire baisser le coût d’entrée de certains produits, donc faciliter leur présence en rayon et leur diffusion, surtout quand l’offre est régulière et que la qualité est jugée stable.
À Jinan, capitale du Shandong, l’exemple du café illustre cette montée en puissance. Le café Villa Shaka a ouvert une troisième filiale. Selon le texte, cette progression s’explique surtout par la saveur des grains éthiopiens sélectionnés, qui attirent davantage de clients.
Derrière ces arrivages, la question du temps au port reste déterminante. Le port de Qingdao dit avoir accéléré le traitement des conteneurs à l’importation grâce à des technologies avancées. Résultat mis en avant : le délai moyen de dédouanement aurait été réduit de trois à sept heures. Pour les importateurs, gagner quelques heures compte, car cela réduit les immobilisations, sécurise les calendriers de production et limite les ruptures d’approvisionnement.
Au final, ce que montre ce flux entre l’Afrique et le Shandong, c’est un commerce poussé par des besoins très concrets : des matières premières pour l’industrie, des produits agricoles pour la consommation, et une logistique maritime qui cherche à suivre la cadence.
source : french.news.cn
— Joldie KAKESA
