Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, accuse le directeur général de l’Office congolais de contrôle (OCC), Etienne Tshimanga Mutombo, de fautes graves de gestion et a ouvert une procédure disciplinaire à son encontre. Dans une lettre datée du vendredi 30 janvier, dont une copie est parvenue à Radio Okapi, le ministre évoque la mise en place d’un système informatique parallèle de contrôle des importations, avec une perte évaluée à plusieurs milliers de dollars américains pour l’année 2025.
Au-delà du volet administratif, ce type d’accusation touche un point sensible pour l’économie, la manière dont les importations sont suivies et contrôlées. Or, les importations pèsent directement sur la demande de devises, surtout en dollars, car une partie importante des paiements vers l’extérieur se fait en monnaie étrangère. Quand la traçabilité des opérations se fragilise, l’État peut perdre des recettes et les circuits de paiement deviennent plus difficiles à suivre.
Importations, devises, prix, un impact qui dépasse l’OCC
Dans son courrier, le ministre reproche aussi au DG une gestion jugée irresponsable des ressources humaines, “mettant en péril le fonctionnement de l’Office”. Pour une institution de contrôle, la chaîne est simple : si les équipes sont mal encadrées ou si les procédures se contournent, la qualité des vérifications baisse, les délais s’allongent et la porte s’ouvre à des pratiques hors radar.
Sur le plan économique, l’enjeu va plus loin que l’OCC. Un contrôle des importations affaibli peut favoriser des sous-déclarations, des contournements et des pertes de recettes publiques. Quand les recettes baissent, l’État peut être tenté d’emprunter davantage ou de retarder certaines dépenses. Ces tensions finissent souvent par peser sur la stabilité macroéconomique.
Il y a aussi un lien indirect avec la politique monétaire. La Banque centrale agit sur la stabilité des prix et du taux de change notamment en surveillant la liquidité et la disponibilité des devises. Si les importations suivent des canaux moins transparents, il devient plus difficile d’avoir une lecture fiable des flux réels. À la fin, ce sont les ménages qui sentent l’effet, car une pression sur les devises peut se répercuter sur le coût des produits importés, donc sur les prix.
La procédure disciplinaire ouverte vise des fautes de gestion lourdes, l’insubordination et la mise en péril de l’Office. La correspondance précise qu’Etienne Tshimanga Mutombo dispose de 20 jours pour présenter ses moyens de défense. L’OCC est un établissement public chargé du contrôle de la qualité des produits importés et exportés, avec un rôle central dans la régulation du commerce extérieur.
— Peter MOYI
