À Kinshasa, le 26 novembre, l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) a félicité la République démocratique du Congo pour les progrès réalisés dans la gestion ouverte de ses ressources minières. Le ministre d’État Guylain Nyembo, qui préside le Comité exécutif de l’ITIE-RDC, a présenté ces avancées au terme d’un forum de haut niveau sur le cadrage macroéconomique du secteur extractif.
L’ITIE est une initiative internationale qui pousse les pays riches en ressources naturelles à publier des informations sur les revenus tirés du pétrole, du gaz et des mines. Pour la RDC, où le sous-sol joue un rôle central dans l’économie, la transparence des chiffres et des contrats reste un enjeu direct pour les finances publiques et pour la population.
Des projets concrets et une préparation à la validation de 2026
Après la clôture du forum, le ministre d’État a reçu une délégation du Secrétariat international de l’ITIE, conduite par Nassim Bennani, Directeur régional pour l’Afrique francophone, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. La rencontre a permis de passer en revue plusieurs chantiers déjà ouverts en RDC.
Le premier porte sur des projets appuyés par le Royaume de Belgique. Ils visent l’encadrement de l’artisanat minier, souvent informel, et une meilleure prise en compte des impacts sociaux et environnementaux de l’exploitation. L’objectif est clair : améliorer les conditions de travail des creuseurs, réduire les dégâts sur les communautés et les écosystèmes, et rendre ces activités plus traçables.
Un autre axe important concerne la modélisation financière du secteur extractif. Il s’agit de mieux prévoir les recettes minières, de suivre les flux d’argent et d’aider l’État à construire un budget plus réaliste. Ce travail doit permettre de limiter les surprises dans les caisses publiques et de mieux planifier les dépenses.
La digitalisation de la norme ITIE figure aussi parmi les priorités. Avec l’appui de la coopération allemande (GIZ), la RDC travaille à mettre davantage de données en ligne, sur des plateformes accessibles, afin que citoyens, journalistes, parlementaires et organisations de la société civile puissent consulter les informations sur les paiements des entreprises, les revenus de l’État et l’utilisation de ces fonds.
Enfin, les échanges ont porté sur la préparation de la validation de 2026. Cette étape servira à mesurer les progrès de la RDC en matière de gouvernance extractive, c’est-à-dire la manière dont le pays gère et contrôle le secteur minier. Le Secrétariat international a encouragé le gouvernement à poursuivre les réformes pour renforcer la crédibilité de l’État, la redevabilité des acteurs publics et privés et la transparence au bénéfice de tous les citoyens.
— M. KOSI
