Lobito : 1,6 milliard USD pour tripler les volumes miniers d’ici 2030

À Bruxelles, Félix-Antoine Tshisekedi a placé le corridor de Lobito au cœur de la stratégie industrielle congolaise. Cible annoncée : moderniser 1 300 km de rail et porter la capacité d’exportation des minerais critiques de 3 à 10 millions de tonnes par an à l’horizon 2030, grâce à un investissement initial de plus de 1,6 milliard USD. Un appui américain de 6 milliards USD sert de catalyseur financier pour accélérer les chantiers et sécuriser les composantes port, rail et stockages.

Capacité, coûts et devises : ce que change Lobito

Conçu avec l’Angola et la Zambie, l’axe Copperbelt–Lobito vise une chaîne logistique intégrée. L’objectif est double : abaisser le coût unitaire de transport par la massification ferroviaire et réduire la variabilité des délais grâce à des hubs de tri, d’entreposage et de contrôle qualité connectés au port atlantique. À volumes constants, cette configuration améliore la prévisibilité de trésorerie des opérateurs ; à volumes croissants, elle accroît les recettes d’exportation et alimente les réserves de change, avec un effet stabilisant sur le marché du change.

La présidence lie le corridor à une montée de la transformation locale : pré-traitement, métallurgie intermédiaire, puis produits à plus forte valeur. Des zones économiques spéciales sont envisagées autour des nœuds ferroviaires pour attirer capital, maintenance lourde et services industriels. Le ciblage sectoriel est clair : cuivre, cobalt et autres métaux nécessaires aux chaînes de batteries, avec des normes qualité alignées sur les exigences des preneurs internationaux. Le bénéfice pour l’État se lit en recettes plus régulières, une assiette mieux tracée et des marges accrues chez les producteurs installés en RDC.

Le capital humain devient variable critique de l’équation. Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, insiste sur la formation de la main-d’œuvre nationale : métiers ferroviaires, logistique, maintenance, procédés de lixiviation et d’affinage. L’objectif est d’éviter une dépendance durable aux équipes importées et de capter localement la valeur ajoutée générée par l’augmentation des volumes.

L’orientation régionale reste cohérente avec la ZLECAf : un corridor fiable fluidifie les échanges et soutient l’intégration productive. Pour Kinshasa, la combinaison capacité + fiabilité + transformation doit comprimer les coûts, lisser les flux de trésorerie et renforcer la balance des paiements. « Un investissement initial de plus de 1,6 milliard de dollars américains permettra d’ici 2030 de tripler la capacité d’exportation annuelle de minerais critiques, de 3 à 10 millions de tonnes », a rappelé le Chef de l’État. La trajectoire recherchée : des volumes mieux préparés, des délais maîtrisés, une liquidité accrue côté Trésor et un emploi qualifié en hausse autour des sites et des gares de tri.

— Peter MOYI

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