Lualaba : l’Assemblée provinciale exige la restitution des ZEA aux creuseurs artisanaux

À l’ouverture de la session de septembre à Kolwezi, le président de l’Assemblée provinciale, Jean-Marie Kaseya, réclame la réactivation des zones d’exploitation artisanale pour réduire les frictions entre creuseurs et détenteurs de titres miniers. Il annonce une commission conjointe avec le gouvernement provincial et, si besoin, la saisine du Cadastre minier pour localiser et restituer les ZEA.

Les signaux d’alerte se multiplient au Lualaba : des groupes de creuseurs ont exprimé leur colère, jusqu’à piller des magasins, faute d’accès légal aux sites. Pour Jean-Marie Kaseya, la situation est « honteuse » et ne doit pas durer. Il met en cause l’insuffisance de zones d’exploitation artisanale (ZEA) opérationnelles, alors que le cadre légal prévoit explicitement leur création quand l’exploitation industrielle n’est pas viable. Le Code minier, à l’article 109, autorise l’érection de gisements en ZEA dans une aire géographique déterminée dès lors que l’extraction artisanale est la seule économiquement envisageable.

Kaseya pointe un double effet pervers : l’absence de ZEA alimenterait les incursions sur des concessions privées et nourrirait les tensions avec les titulaires de permis ; elle ouvrirait aussi la voie à des récupérations par des acteurs qui instrumentalisent la détresse des travailleurs. « Nos compatriotes souffrent et nous ne pouvons pas laisser cette situation durer », a-t-il martelé.

Cadre légal et feuille de route

L’Assemblée provinciale met en place une commission chargée de travailler avec l’exécutif provincial pour identifier les gisements éligibles, cartographier les périmètres et organiser la restitution des ZEA aux exploitants artisanaux. Si les informations locales s’avèrent incomplètes, la démarche se poursuivra à Kinshasa auprès du Cadastre minier, afin de retracer l’historique des périmètres initialement destinés aux creuseurs et d’en accélérer la réaffectation.

L’objectif est clair : sécuriser l’activité artisanale dans un cadre formel, limiter les conflits sur les sites, et réancrer la chaîne de valeur au bénéfice des communautés du Lualaba. La mise en œuvre de ZEA fonctionnelles doit rétablir des règles stables d’accès aux gisements, renforcer la traçabilité et favoriser des revenus réguliers pour les ménages qui vivent de l’extraction manuelle. Le message politique est assumé : replacer les populations locales au centre de l’exploitation minière provinciale.

— M. KOSI

Partagez cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Quitter la version mobile