Le 4 novembre 2025, la rupture du bassin de rétention de l’entreprise minière Congo Dongfang Mining (CDM) à Kassapa, dans la commune Annexe de Lubumbashi, a projeté des eaux usées sur les routes, les habitations, les rivières et jusqu’au marché « Moïse ». Le 21 novembre, soit dix-sept jours plus tard, le ministère de la Justice a officialisé l’affaire en parlant d’une catastrophe pour l’environnement et en saisissant le Procureur général près la Cour de cassation pour ouvrir une enquête judiciaire.
Quand la pollution minière devient un risque pour l’économie locale
Derrière l’incident technique, c’est toute une chaîne économique qui se trouve fragilisée. Les eaux usées déversées dans les rues et les maisons perturbent directement l’activité des ménages, tandis que les rivières touchées exposent les populations à des risques sanitaires qui, à moyen terme, peuvent alourdir les dépenses de santé publique et réduire la capacité de travail d’une partie des habitants.
Le marché « Moïse », noyau de commerce de proximité, a été atteint par ces eaux polluées. Chaque journée d’activité ralentie ou dégradée signifie des recettes en baisse pour les petits vendeurs, une réduction de trésorerie pour les familles et une contraction de la consommation dans le quartier. Les pertes restent difficiles à chiffrer à ce stade, mais l’impact se mesure déjà en revenus quotidiens amputés pour les ménages les plus vulnérables.
En ordonnant une enquête judiciaire, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux cherche à documenter les responsabilités, mais aussi à ouvrir la voie à d’éventuelles réparations. Si des manquements sont établis, l’entreprise pourrait être confrontée à des sanctions financières, à des obligations de dépollution et à des indemnisations pour les victimes. Ces coûts, qui n’apparaissent pas dans les chiffres habituels de production minière, traduisent le prix réel d’une gestion insuffisante des risques environnementaux.
Le ministère rappelle que la protection des populations et de l’environnement fait partie des engagements du Gouvernement. Pour les autorités, faire respecter la législation environnementale revient aussi à défendre la valeur des actifs locaux : terres, eau, santé et pouvoir d’achat des communautés installées autour des sites miniers. La suite de la procédure judiciaire sera donc observée comme un test de la capacité de l’État à intégrer ces paramètres dans la régulation d’un secteur vital pour les recettes du pays.
M. KOSI
