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Macroéconomie : inflation chute de 23,8 % à 11,7 % et croissance à 6,7 % en RDC, mais des déséquilibres structurels subsistent

Macroéconomie RDC

La République démocratique du Congo enregistre en 2024 une inflation ramenée à 11,7 % contre 23,8 % en 2023 et une croissance du PIB de 6,7 %, en ralentissement par rapport à 8,6 % l’année précédente. Ces données, issues du rapport annuel de la Banque centrale du Congo, traduisent une amélioration des équilibres macroéconomiques, mais mettent en évidence des fragilités persistantes.

La baisse de l’inflation s’explique par le resserrement de la politique monétaire. La Banque centrale a relevé le coefficient de réserve obligatoire sur les dépôts à vue en monnaie nationale de 10 % à 12 %, afin de réduire la liquidité en circulation et contenir la hausse des prix. Le ralentissement de la dépréciation du franc congolais a également contribué à stabiliser les prix des biens importés. Cette combinaison d’instruments permet de rapprocher progressivement l’inflation de l’objectif de 7 %, même si cet objectif n’est pas encore atteint.

La croissance reste soutenue, mais moins dynamique. Le PIB progresse de 6,7 %, un niveau supérieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne estimée autour de 4 %. Cette performance repose toutefois largement sur le secteur extractif, qui continue de porter l’essentiel de l’activité économique. La structure de l’économie reste peu diversifiée, avec une contribution limitée des secteurs industriel et agricole, ce qui expose le pays aux fluctuations des marchés internationaux des matières premières.

Une dépendance aux mines et des marges budgétaires limitées

Sur le plan extérieur, la balance commerciale affiche un excédent équivalent à 5,5 % du PIB, soutenu par les exportations de cuivre, de cobalt et d’hydrocarbures. Cette situation permet de renforcer les réserves de change et de stabiliser le taux de change. Mais cette amélioration reste liée à la conjoncture des matières premières, ce qui expose l’économie à des chocs en cas de baisse des cours.

Les finances publiques demeurent sous pression. La hausse des dépenses en 2024, liée notamment aux contraintes sécuritaires et humanitaires dans l’Est du pays, réduit les marges budgétaires. Dans ce contexte, la dépendance aux recettes minières limite la capacité de l’État à financer durablement ses priorités.

La politique monétaire restrictive adoptée par la Banque centrale permet de contenir l’inflation, mais elle pèse sur le financement de l’économie. La réduction de la liquidité peut freiner l’accès au crédit, en particulier pour le secteur privé hors mines, ce qui limite la diversification économique.

Malgré les progrès macroéconomiques, les indicateurs sociaux restent contraints. Le niveau de développement humain demeure faible, traduisant un décalage entre la croissance économique et l’amélioration des conditions de vie. Les perspectives pour 2025 tablent sur une croissance de 5,1 %, dans un environnement international marqué par des tensions géopolitiques et des risques climatiques, avec une inflation attendue en baisse progressive vers la cible de 7 %.

— M. KOSI

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