Marché du cuivre : les primes passent de 120 à 180 dollars la tonne après les perturbations sur l’acide sulfurique

Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient commencent à produire des effets visibles sur le marché mondial du cuivre. En Europe, les primes sur les cathodes de cuivre livrées aux standards du London Metal Exchange ont fortement progressé en l’espace d’une semaine. Elles sont passées de 120–150 dollars à 150–180 dollars la tonne CIF Europe, soit une hausse estimée à environ 22 %. Cette évolution est liée aux difficultés d’approvisionnement en acide sulfurique, un produit utilisé dans le traitement du cuivre et du cobalt, notamment en République démocratique du Congo.

La RDC figure aujourd’hui parmi les principaux producteurs mondiaux de cuivre raffiné et de cathodes destinées au marché européen. Plusieurs opérations minières installées dans le Grand Katanga utilisent d’importantes quantités d’acide sulfurique dans les procédés hydrométallurgiques, particulièrement pour le traitement des minerais oxydés. Les perturbations observées dans les flux en provenance du Moyen-Orient inquiètent donc les opérateurs du secteur, car une interruption prolongée pourrait affecter à la fois les coûts de production, les délais de livraison et les volumes transformés dans certaines usines minières.

Le marché suit aussi de près les conséquences possibles sur le cobalt, dont la production reste étroitement liée à celle du cuivre en RDC. Une baisse du rythme de traitement du cuivre pourrait avoir des effets sur les exportations de cobalt, un minerai devenu stratégique pour l’industrie des batteries et des véhicules électriques. Cette situation intervient dans un contexte où les prix du cuivre restent déjà soutenus par la demande mondiale liée aux infrastructures électriques, aux réseaux énergétiques et à la transition énergétique.

Les analystes considèrent désormais que les difficultés logistiques et énergétiques pourraient accentuer les tensions sur les disponibilités physiques du cuivre, notamment en Europe. Pour la RDC, cet épisode rappelle aussi la forte dépendance du secteur minier à plusieurs chaînes d’approvisionnement internationales, qu’il s’agisse des produits chimiques, des carburants, des équipements industriels ou encore des corridors logistiques utilisés pour les exportations minières. Face à ces risques, plusieurs groupes miniers pourraient accélérer la diversification de leurs fournisseurs afin de réduire leur exposition aux crises géopolitiques et aux perturbations du commerce mondial.

— M. KOSI

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