Le prix du pétrole s’est établi à 66,5 USD le baril au 11 septembre 2025, en baisse hebdomadaire de 0,5 %. Par rapport à fin 2024, le recul atteint 10,6 %, et 13,1 % sur un an. Ce niveau pèse sur les recettes d’exportation de la RDC, où l’or noir figure parmi les produits vendus à l’international.
Le mouvement n’est pas uniforme sur les denrées. Le riz cède du terrain à 263,6 USD/tonne (-1,1 % sur la semaine), -14,9 % par rapport à fin 2024 et -19,3 % sur douze mois. Le blé glisse à 192,1 USD/tonne (-1,0 % hebdo), -5,2 % vs fin 2024 et -5,3 % en glissement annuel. À l’inverse, le maïs remonte à 155,5 USD/tonne (+2,6 % sur la semaine), tout en restant -8,0 % sous son niveau de fin 2024 et +5,2 % sur un an, porté par une demande soutenue aux États-Unis pour l’alimentation animale et les biocarburants.
Ce que cela implique pour l’économie congolaise
Un baril plus bas réduit la valeur des expéditions pétrolières et ampute la balance des paiements du pays. La pression est d’autant plus sensible si d’autres postes d’exportation n’augmentent pas suffisamment pour compenser. Côté importations alimentaires, la détente du riz et du blé peut alléger la facture des importateurs et limiter la transmission aux prix à la consommation. La poussée du maïs appelle une vigilance particulière : ce grain influence les coûts d’élevage et de transformation, avec des retombées possibles sur les marges des opérateurs agroalimentaires.
Pour la politique monétaire, l’orientation contrastée des matières premières plaide pour un suivi serré des déterminants de l’inflation : contribution des prix importés, trajectoire du taux de change, et rythme de la liquidité domestique. La baisse annualisée du pétrole atténue une partie des pressions externes, mais la volatilité des céréales peut entretenir des tensions ponctuelles sur le panier alimentaire.
À ce stade, la combinaison d’un baril en retrait et d’un riz/blé en repli offre un répit potentiel sur la composante importée de l’inflation, tandis que le maïs rappelle le caractère segmenté des chaînes de prix. Les prochains arbitrages budgétaires et les coûts logistiques détermineront l’ampleur de la transmission aux ménages.
— M. KOSI
