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Mines en Afrique : la RDC capte 4,3 milliards USD d’IDE grâce au cobalt, face au Botswana leader du classement Fraser 2025

cobalt

L’Afrique continue d’attirer des flux importants d’investissements dans le secteur minier, portés par la demande mondiale en minerais critiques comme le cobalt, le cuivre, l’or et le lithium. Les pays les mieux positionnés combinent un potentiel géologique élevé, des réformes favorables aux investisseurs et une relative stabilité réglementaire. L’Afrique du Sud, la République démocratique du Congo et le Maroc concentrent une part importante des investissements en volume, tandis que la Côte d’Ivoire et le Ghana dominent en Afrique de l’Ouest grâce à l’or.

En parallèle, des pays comme l’Angola émergent progressivement avec plusieurs projets présentés à l’international. Selon l’indice Fraser Institute 2025, le Botswana et le Maroc se distinguent en tête du classement africain en matière d’attractivité, suivis de la Zambie, de la Tanzanie et de la Côte d’Ivoire, alors que la RDC se maintient dans le top 10 malgré des contraintes structurelles.

Les investissements se concentrent en priorité sur les minerais stratégiques. En RDC, le cobalt représente entre 60 % et 70 % de la production mondiale et le pays figure parmi les principaux producteurs de cuivre, avec des projets majeurs comme Kamoa-Kakula. Le lithium émerge comme un nouveau levier d’attractivité, notamment avec le projet de Manono, tandis que le coltan, l’or et l’étain continuent d’attirer des capitaux. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de concurrence régionale renforcée, où plusieurs pays ajustent leurs cadres réglementaires pour capter davantage d’investissements. La Zambie a ainsi révisé son code minier en 2024 pour stabiliser la fiscalité du cuivre et encourager la transformation locale, tandis que la Tanzanie a assoupli certaines contraintes, notamment sur les royalties, afin de relancer l’exploration et améliorer la perception du risque.

Le Botswana reste une référence en matière de gouvernance minière, avec une stabilité politique et réglementaire élevée, des licences de long terme et une application cohérente des règles. Cette combinaison attire les investisseurs et permet au pays de diversifier son secteur au-delà des diamants vers d’autres minerais comme le cuivre ou le nickel. À l’inverse, l’Afrique du Sud, malgré ses importantes réserves, fait face à des difficultés liées aux contraintes énergétiques, à l’incertitude réglementaire et aux tensions sociales, ce qui pèse sur son attractivité et sur la performance du secteur.

Dans ce contexte, les investissements miniers en Afrique s’organisent autour de trois facteurs clés : la disponibilité des ressources, la stabilité des politiques publiques et la capacité à sécuriser les chaînes logistiques. La rivalité entre grandes puissances, notamment entre les États-Unis et la Chine, renforce l’importance stratégique de ces ressources et positionne des pays comme la RDC au centre des enjeux mondiaux liés aux chaînes d’approvisionnement et à la transition énergétique.

— M. KOSI

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