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Mines en RDC, cinq entreprises concentrent près de la moitié de la production de cuivre

cuivre

Le secteur du cuivre et du cobalt en République démocratique du Congo reste dominé par un nombre limité d’entreprises minières. Les données cumulées de production pour les années 2024 et 2025 montrent que quelques grands groupes contrôlent l’essentiel des volumes extraits dans le pays. Cette concentration concerne deux minerais devenus stratégiques dans l’industrie mondiale, notamment pour les batteries électriques, les infrastructures énergétiques et les technologies industrielles.

La production cumulée de cuivre en RDC est estimée à environ 5,76 millions de tonnes sur la période analysée. Deux entreprises occupent les premières positions : Tenke Fungurume Mining avec environ 13,5 % de la production nationale et Kamoa Copper avec près de 12,7 %. À elles seules, ces deux sociétés représentent plus du quart du cuivre produit dans le pays. Derrière elles figurent aussi Sino-Congolaise des Mines, CMOC Kisanfu Mining et Kamoto Copper Company. Selon l’analyse, ces cinq entreprises concentrent à elles seules près de 45 à 50 % de la production nationale de cuivre. Lorsque l’on ajoute des groupes comme Metalkol, Mutanda Mining, Ruashi Mining et la Société Minière de Deziwa, près de 75 à 80 % du cuivre congolais provient d’une dizaine d’opérateurs seulement.

La situation apparaît encore plus marquée dans le cobalt. La production cumulée est estimée à environ 282 000 tonnes sur les deux années étudiées. CMOC Kisanfu Mining domine largement ce segment avec environ 32 % de la production nationale à elle seule. Kamoto Copper Company, Tenke Fungurume Mining, Metalkol et Mutanda Mining figurent également parmi les principaux producteurs du pays. Les trois premiers opérateurs concentreraient entre 50 et 60 % de la production nationale de cobalt, tandis que les huit à dix plus grandes entreprises atteignent près de 80 % des volumes produits. Cette concentration donne à quelques groupes miniers une influence directe sur l’économie congolaise, car la RDC reste le principal producteur mondial de cobalt.

Une dépendance économique autour du Copperbelt

Cette forte concentration ne représente pas seulement une réalité industrielle. Elle devient aussi un enjeu macroéconomique pour la RDC. Les performances de quelques entreprises influencent directement les recettes publiques, les exportations, les réserves en devises et une partie de la stabilité économique du pays. Une perturbation fiscale, juridique, énergétique ou sécuritaire touchant l’un de ces grands opérateurs peut rapidement avoir des effets sur l’économie nationale.

L’analyse met également en avant un risque géographique. La majorité des grands producteurs de cuivre et de cobalt sont installés dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga. Cette concentration territoriale augmente les risques systémiques pour le pays. Un problème logistique, une coupure énergétique ou une dégradation sécuritaire dans cette zone pourrait affecter immédiatement une part importante de la production minière nationale.

Dans un contexte de forte compétition mondiale autour des minerais critiques utilisés dans les batteries électriques et la transition énergétique, plusieurs experts estiment que la RDC devra renforcer la gouvernance du secteur minier, le contrôle des obligations fiscales et la sécurité juridique des investissements afin de limiter les risques liés à cette forte dépendance envers quelques groupes miniers.

— M KOSI

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