Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a défendu jeudi 21 mai 2026 devant l’Assemblée nationale les réformes engagées dans le secteur minier congolais. Les débats ont porté sur le marché du cobalt, le système des quotas d’exportation, la gouvernance des entités de traitement et la place des travailleurs congolais dans les sociétés minières.
Cette audition intervient alors que la RDC tente de mieux encadrer les exportations de cobalt pour faire face à la baisse des prix provoquée par la surproduction mondiale. Premier producteur mondial de ce minerai utilisé dans les batteries électriques, le pays cherche aussi à renforcer son contrôle sur une filière dominée par les groupes internationaux.
Kinshasa défend une régulation plus stricte du cobalt
Face aux députés, Louis Watum Kabamba a expliqué que les réformes engagées visent à renforcer la transparence, la traçabilité et l’autorité de l’État dans le secteur minier. Le ministre a notamment défendu le système des quotas mis en œuvre par ARECOMS pour encadrer les volumes exportés.
Selon le Gouvernement, cette politique doit permettre de limiter les effets des fortes fluctuations du marché du cobalt. Depuis plusieurs années, les prix connaissent d’importantes variations liées à l’augmentation rapide de l’offre mondiale, surtout en RDC et en Indonésie.
Le cobalt reste un minerai stratégique pour l’industrie mondiale. Il est utilisé dans les batteries pour véhicules électriques, les équipements électroniques et plusieurs technologies industrielles. La RDC représente une grande partie de la production mondiale, ce qui place le pays au centre des enjeux liés à la transition énergétique.
Mais la stratégie congolaise suscite des interrogations dans le secteur minier. Plusieurs opérateurs internationaux ont exprimé des inquiétudes sur les critères d’attribution des quotas et leurs effets sur les activités industrielles et les exportations.
Le Gouvernement affirme de son côté vouloir protéger les intérêts économiques du pays et renforcer sa souveraineté sur les ressources minières. Les autorités congolaises cherchent aussi à améliorer les retombées locales d’un secteur qui génère une part importante des recettes d’exportation de la RDC.
Les échanges ont également porté sur la participation des travailleurs congolais au capital des sociétés minières. Ce débat s’inscrit dans les discussions plus larges autour du contenu local et du partage des revenus issus de l’exploitation minière.
Kinshasa tente depuis plusieurs années d’augmenter la présence des entreprises et des citoyens congolais dans la chaîne de valeur minière. Les réformes engagées visent notamment à encourager la transformation locale, la création d’emplois et le développement de la sous-traitance nationale.
Selon le ministère des Mines, plusieurs questions complémentaires ont été soulevées par les députés en raison du caractère technique des sujets abordés. Conformément au règlement intérieur de l’Assemblée nationale, le ministre devra fournir des précisions supplémentaires dans un délai de 48 heures.
Pour plusieurs observateurs, les discussions autour du cobalt montrent l’importance croissante des minerais stratégiques dans l’économie mondiale. La transition énergétique, la compétition industrielle et les tensions autour des chaînes d’approvisionnement poussent désormais les pays producteurs, dont la RDC, à renforcer leur contrôle sur leurs ressources naturelles.
— M. MASAMUNA
