À l’Africa Banking Forum 2026, Vodacom Congo a défendu un constat appuyé par les chiffres : plus de 1,1 milliard de comptes mobile money en Afrique et près de 35 millions en RDC. Le téléphone devient le principal point d’entrée vers les services financiers pour une large partie de la population.
Des paiements à l’intégration progressive de l’économie informelle
Le mobile money s’impose aujourd’hui comme un outil central du système financier africain. Le continent concentre à lui seul 53 % des comptes dans le monde et réalise environ 74 % des transactions globales. En 2024, les volumes ont augmenté de 20 % et les montants de 15 %. Cette progression montre que l’usage ne se limite plus à quelques opérations ponctuelles, mais s’installe dans les habitudes.
En République démocratique du Congo, près de 35 millions de comptes sont recensés. Ce chiffre doit être lu en parallèle avec un taux de bancarisation encore faible. Beaucoup de Congolais n’ont pas accès à une banque classique, mais utilisent leur téléphone pour envoyer, recevoir ou conserver de l’argent.
Dans ce contexte, le mobile money ne sert plus seulement à payer. Il permet aussi de rendre visibles des transactions qui échappaient jusque-là aux circuits officiels. Concrètement, lorsqu’un commerçant ou un particulier utilise un portefeuille mobile, l’opération laisse une trace. Cela facilite le suivi des flux financiers et rapproche progressivement ces activités du système formel.
Pour Vodacom Congo, cet usage ouvre de nouvelles perspectives. L’objectif est d’aller au-delà du transfert d’argent. L’opérateur veut proposer des services comme l’épargne, le crédit ou l’assurance directement via le téléphone. Pour les utilisateurs, cela signifie un accès plus simple à des services financiers sans passer par une agence bancaire.
Cette évolution change aussi le rôle des banques. Elles ne sont plus les seules à distribuer des services financiers. Les opérateurs télécoms deviennent des intermédiaires importants, surtout dans les zones rurales ou éloignées des centres urbains.
Le débat porté lors de l’Africa Banking Forum porte sur cette transformation. Le mobile money ne remplace pas les banques, mais il modifie leur fonctionnement. La question est désormais de savoir comment combiner les deux modèles pour toucher plus de personnes et mieux répondre aux besoins du terrain.
— Joldie KAKESA
