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Pont Kinshasa-Brazzaville : un accord fiscal relance le projet évalué à 550 millions USD

Route‑Rail entre Kinshasa et Brazzaville

La RDC et le Congo-Brazzaville ont signé, jeudi 7 mai 2026 à Kinshasa, un protocole d’accord sur le régime fiscal et douanier du futur pont route-rail entre les deux capitales. Ce projet, estimé à 550 millions USD dans les précédentes évaluations, doit relier Maluku à Brazzaville sur 1,575 km.

Le futur pont route-rail Kinshasa-Brazzaville entre dans une phase plus technique que politique. Après plusieurs années d’annonces, de reports et de discussions, les deux pays viennent de poser l’un des préalables attendus par les entreprises intéressées par le chantier. L’accord signé à Kinshasa fixe le régime fiscal, douanier, ainsi que les recettes fiscales et non fiscales applicables aux concessions et aux sous-traitants du projet.

Ce cadre était nécessaire pour permettre aux groupements présélectionnés de calculer leurs coûts, d’évaluer leurs risques et de finaliser leurs offres techniques et financières. Sans visibilité sur les taxes, les droits de douane et les obligations fiscales, un projet en partenariat public-privé reste difficile à structurer, car les investisseurs doivent savoir comment leurs revenus seront traités sur toute la durée de la concession.

Un pont de 1,575 km pour connecter deux marchés voisins

Le projet prévoit un pont à péage sur le fleuve Congo, avec une voie ferrée, deux voies routières, des trottoirs et des postes de contrôle frontaliers. Africa50, retenu comme principal développeur du projet par les deux pays, doit structurer le partenariat public-privé, aux côtés de la Banque africaine de développement et de la CEEAC.

Pour Kinshasa et Brazzaville, l’enjeu dépasse la simple liaison entre deux capitales séparées par le fleuve. L’ouvrage doit faciliter la circulation des personnes, réduire certains coûts de transport et soutenir les échanges entre les deux rives. Il pourrait aussi renforcer le rôle de Maluku dans les infrastructures régionales, à condition que les voies d’accès, les postes frontaliers et la logistique suivent le même rythme.

La partie congolaise est représentée dans le suivi du dossier par l’Agence congolaise des grands travaux, dont le directeur général, Nico Nzau Nzau, assure la fonction de point focal pour la RDC. Les travaux techniques menés en février 2026 avaient déjà associé les régies financières, notamment la DGI, la DGDA et la DGRAD, afin d’harmoniser les taxes, impôts et droits liés au projet.

La prochaine étape annoncée porte sur la mise en place d’une Commission intergouvernementale RDC-Congo chargée de coordonner les activités du projet, puis sur la publication de la Demande de propositions. C’est à ce stade que les offres des entreprises devraient permettre de mieux cerner le coût actualisé, le calendrier d’exécution et les conditions concrètes de financement.

— M. KOSI

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