La RDC a présenté à PowerAfrica 2025, au Caire, les résultats d’une régulation plus structurée de son secteur électrique : plus de 30 opérateurs actifs, une majorité de projets approuvés dans les énergies renouvelables en 2024, et une trajectoire qui vise l’accès à l’électricité pour plus de 60 millions de personnes d’ici 2030.
Du 28 septembre au 2 octobre 2025, une délégation de l’Autorité de régulation de l’électricité (ARE) de la RDC, conduite par sa directrice générale, la Professeure Sandrine MUBENGA NGALULA, a pris part à la conférence PowerAfrica 2025, organisée au Caire par l’Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE). Cette rencontre a réuni chercheurs, ingénieurs et praticiens autour d’un thème centré sur les solutions d’énergie durable pour l’avenir du continent, avec un accent sur l’intégration des systèmes électriques, les modèles économiques, les avancées technologiques, les politiques publiques et la régulation.
Une régulation plus rigoureuse pour accélérer l’accès à l’électricité
Face à des besoins encore très élevés en électricité, la RDC a choisi de mettre en avant le rôle de l’ARE comme pilier de l’organisation du marché. La contribution de l’institution a été présentée à travers un bilan quantitatif de la période 2020–2024, période marquée par la mise en œuvre progressive du cadre réglementaire prévu par le décret n° 16/013 qui institue l’Autorité.
La Professeure Sandrine MUBENGA NGALULA a rappelé la cible fixée par les pouvoirs publics : donner accès à l’électricité à plus de 60 millions de personnes à l’horizon 2030. Cet objectif, porté par le ministère des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, repose sur la capacité de l’ARE à faire respecter les règles du secteur, à encadrer les opérateurs et à accompagner les réformes.
« L’augmentation de la production électrique entre 2020 et 2030 dépend en partie de la qualité de la régulation et du suivi des projets », a-t-elle expliqué en présentant les conclusions du rapport annuel 2024 de l’ARE.
Ce rapport met en avant une gouvernance jugée plus rigoureuse, conforme au cadre légal, et un marché désormais ouvert à plusieurs acteurs. Plus de 30 opérateurs y sont répertoriés, répartis sur six segments de la chaîne de valeur de l’électricité, depuis la production jusqu’à la distribution. Cette diversité illustre la libéralisation du secteur depuis la création de l’Autorité et l’entrée progressive de nouveaux investisseurs.
L’année 2024 se distingue par une forte présence des énergies renouvelables dans les projets approuvés. Plus de 78 % de ces projets concernent des sources vertes : 67 % relèvent du solaire et 11 % de l’hydroélectricité. Les sociétés minières demeurent les principaux bénéficiaires de ces initiatives, en raison de leurs besoins élevés en énergie pour assurer la continuité de leurs opérations.
Au-delà de ce panorama actuel, l’ARE a partagé une projection à l’horizon 2030. Selon les données présentées à PowerAfrica, plus de 3 191,6 MW devraient provenir de centrales solaires photovoltaïques et hydroélectriques. Ce volume supplémentaire, s’il est effectivement installé et raccordé, renforcera la capacité du pays à répondre à la demande intérieure, à sécuriser l’alimentation des grands sites industriels et à étendre l’accès pour les ménages.
En participant à PowerAfrica 2025, l’ARE a cherché à montrer que la régulation n’est pas seulement un cadre juridique, mais aussi un outil pour orienter les investissements vers des projets mieux structurés, plus transparents et alignés sur les priorités nationales d’accès à l’électricité et de recours accru aux énergies renouvelables.
— M. KOSI
