Le député national Thierry Mulumba, membre du Conseil congolais de la batterie, a échangé à Kinshasa avec la direction de Buenassa autour d’un objectif précis, transformer sur place le cuivre et le cobalt plutôt que les exporter à l’état brut. Au centre des discussions, une proposition de loi sur les minerais dits critiques et un projet de raffinerie porté par Buenassa.
Raffinage local, cadre légal et impact macroéconomique
Buenassa développe un projet d’usine de raffinage de cuivre et de cobalt dont les études de cadrage ont été confiées à BARA CONSULTING LTD et MET63 Pty Ltd. Ces études déterminent les paramètres techniques, la taille de l’outil industriel, les besoins en énergie, en eau, en logistique, ainsi que les ordres de grandeur des coûts d’investissement et d’exploitation. Ce travail conditionne la bancabilité du projet, donc sa capacité à attirer des capitaux privés et des financements de long terme.
Pour un pays comme la RDC, qui exporte surtout des concentrés, passer au raffinage local change la structure de la valeur exportée. Au lieu de vendre un produit intermédiaire avec une faible transformation, le pays expédie des métaux plus proches des standards utilisés dans l’industrie des batteries. Chaque étape supplémentaire de transformation augmente la valeur par tonne exportée, ce qui peut renforcer la base fiscale, les recettes en devises et, à terme, la marge de manœuvre de la Banque centrale sur la stabilité du franc congolais.
La présence de Thierry Mulumba dans ces échanges n’est pas symbolique. En tant que parlementaire et administrateur au Conseil congolais de la batterie, il travaille sur un texte de loi qui encadre les minerais critiques, leur exploitation, leur transformation et les obligations de contenu local. L’idée est de créer un environnement juridique lisible pour les investisseurs, tout en fixant des garde-fous pour que la création de richesse se fasse davantage sur le territoire congolais.
Les discussions ont aussi porté sur l’écosystème nécessaire pour que ce type d’usine fonctionne réellement. Une raffinerie ne peut pas tourner sans énergie fiable, sans accès ferroviaire ou routier sécurisé, sans entrepôts adaptés ni main-d’œuvre qualifiée. D’où la nécessité de coordonner plusieurs politiques publiques en même temps, éducation et formation professionnelle, recherche appliquée, incitations fiscales ciblées, investissements dans le réseau électrique et les infrastructures de transport.
En toile de fond, la montée en puissance européenne, américaine et asiatique sur la chaîne de valeur des batteries crée une fenêtre d’opportunité pour la RDC. Si des projets comme celui de Buenassa aboutissent, le pays peut passer d’un statut de simple fournisseur de minerais à celui d’acteur industriel de la filière batterie, avec un poids plus important dans les négociations commerciales et une meilleure résilience de ses recettes extérieures face aux chocs de prix.
M. KOSI
