Rareté et surtaxes : le mystère derrière l’augmentation de 32,7 % du chinchard

La rareté des poissons chinchards devient une réalité alarmante sur le marché de Matadi, en République Démocratique du Congo, où l’augmentation des prix suscite des préoccupations. Ce vendredi 8 novembre, il a été observé que ce poisson, très prisé par les Congolais, se fait de plus en plus rare et onéreux, notamment dans les points de vente en gros comme SOKIN.

Joachim Kikufuila, responsable de l’entreprise AFRIFOOD, spécialisée dans l’importation de vivres frais, pointe du doigt la politique fiscale actuelle. Selon lui, « l’État congolais décourage les importations de produits surgelés par une surtaxation excessive ». Une mesure qui, bien que destinée à encourager la production locale, a des répercussions sur l’approvisionnement en chinchards, affectant directement les consommateurs et les petits détaillants.

Des prix en forte hausse

Alors que le marché connaissait des prix relativement stables il y a encore quelques mois, la rareté a entraîné une flambée tarifaire significative. Le prix du carton de chinchards 18+, autrefois vendu à 113 000 francs congolais, atteint désormais 150 000 francs congolais, soit une hausse de 32,7% pour un prix équivalent à 52,6 USD. Les chinchards 16+, de plus petit calibre, sont les seuls encore disponibles chez SOCIMEX, un des rares fournisseurs encore actifs, bien que ces formats soient moins prisés par les consommateurs.

En raison de la pénurie, certains opérateurs sont contraints de se tourner vers les provinces angolaises frontalières, telles que Noqui et Soyo, pour s’approvisionner, tandis que d’autres parcourent l’arrière-pays pour trouver des chambres froides offrant encore ce poisson. Ce flux transfrontalier ajoute des coûts supplémentaires, impactant la chaîne logistique et, par ricochet, les prix de vente.

La fermeture d’EGAL et ses répercussions

La société EGAL, autrefois acteur clé dans l’importation de poissons chinchards, a cessé ses activités, créant un vide sur le marché. Depuis cette fermeture, les alternatives locales ou importées sont devenues limitées, accentuant la dépendance aux importations provenant de l’étranger et augmentant la pression sur les prix. Joachim Kikufuila recommande au gouvernement d’envisager des financements ciblés pour soutenir les opérateurs nationaux capables d’importer ce produit à des coûts moindres, permettant de stabiliser l’offre et les prix.

Le marché des chinchards à Matadi illustre bien les défis économiques actuels du pays, où la demande en produits alimentaires abordables et accessibles se heurte à des obstacles structurels. En l’absence de mesures concrètes pour faciliter l’importation ou stimuler la production locale, les consommateurs risquent de continuer à subir les hausses de prix.

M.KOSI

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