Rawbank a clôturé l’exercice 2025 avec un produit net bancaire de 682 millions USD et un résultat net de 232 millions USD. La banque affiche aussi 2,29 milliards USD de crédits et 4,8 milliards USD de dépôts, dans un marché congolais encore marqué par la dollarisation de l’économie et les tensions sécuritaires dans l’Est du pays.
Le total de bilan ressort à 6,82 milliards USD en 2025. Dans les comptes audités en francs congolais, le total actif s’établit à 15 346,2 milliards CDF au 31 décembre 2025, contre 17 215,6 milliards CDF en 2024. Cette différence de lecture rappelle le poids du taux de change dans l’analyse des banques en RDC. Une partie importante de l’activité bancaire reste liée au dollar, alors que les comptes réglementaires sont aussi présentés en francs congolais.
Les crédits à la clientèle progressent de 10 %, passant de 2,08 milliards USD en 2024 à 2,29 milliards USD en 2025. Cette hausse montre que Rawbank a augmenté son appui au financement des entreprises, des PME et de certaines chaînes de valeur. Le ratio crédits sur dépôts passe de 43,85 % à 47,77 %. Cet indicateur signifie que la banque utilise une part plus élevée des dépôts pour accorder des prêts, tout en conservant une marge de liquidité dans un marché où les risques de remboursement doivent rester sous surveillance. Les dépôts atteignent 4,8 milliards USD, contre 4,74 milliards USD une année plus tôt, soit une hausse de 1,1 %. Cette progression reste modérée, mais elle confirme la stabilité de la base clientèle. Rawbank revendique plus de 500 000 clients, plus de 1 900 collaborateurs et un réseau de 53 agences.
Une rentabilité élevée, avec une solvabilité à suivre
Le produit net bancaire, qui représente les revenus tirés des activités bancaires après certaines charges directes, augmente de 32,6 %. Il passe de 514 millions USD en 2024 à 682 millions USD en 2025. Cette progression vient des crédits, des opérations de trésorerie et des transactions. Le résultat brut d’exploitation atteint 352 millions USD, contre 267 millions USD en 2024, soit une hausse de 31,7 %. Cet indicateur mesure ce que la banque gagne après ses charges d’exploitation, avant provisions et impôts. Le coefficient d’exploitation baisse aussi, de 52,36 % à 48,53 %. Plus ce ratio baisse, plus la banque dépense moins pour produire ses revenus.
Le résultat avant impôts monte à 329 millions USD, contre 246 millions USD en 2024. Le bénéfice net atteint 232 millions USD, contre 213 millions USD un an plus tôt. En francs congolais, les comptes audités indiquent un résultat net de 521,2 milliards CDF en 2025, contre 591,3 milliards CDF en 2024. Cette différence montre encore l’effet du change dans la lecture des performances financières. La rentabilité reste élevée. Le rendement des fonds propres passe de 32,99 % à 36,17 %. Cela veut dire que la banque génère plus de bénéfices par rapport à ses capitaux propres. Le rendement moyen des actifs augmente aussi, de 3,43 % à 3,56 %.
La qualité du portefeuille reste maîtrisée. Le taux de défaut brut des crédits ressort à 2,82 %, contre 2,69 % en 2024. Après provisions, ce taux passe de 0,47 % à 0,65 %. Ces niveaux restent contenus dans un marché exposé aux risques de change, à la concentration sectorielle et aux fragilités économiques. Le coût du risque reste limité à 78,3 points de base. En langage bancaire, cela signifie que les pertes attendues ou les provisions liées aux crédits restent faibles par rapport au volume d’engagements.
Le ratio de solvabilité Bâle 3 recule à 15,09 %, contre 20,44 % en 2024. Ce ratio mesure la capacité d’une banque à absorber des pertes grâce à ses fonds propres. Le rapport indique que Rawbank reste au-dessus des exigences réglementaires, mais cette baisse devra être suivie avec prudence. Les fonds propres audités atteignent 1 865,7 milliards CDF, contre 1 792,1 milliards CDF en 2024. Le commissaire aux comptes Deloitte Services SARL a émis une opinion favorable sur les états financiers. Les comptes sont jugés réguliers et sincères selon les règles applicables aux établissements de crédit en RDC. Deloitte signale aussi deux points d’attention sans remettre en cause son opinion : les litiges en cours et l’impact de la crise politico-militaire dans l’Est du pays.
Rawbank entre désormais dans son plan RAW 2030 avec des objectifs de croissance, de maîtrise des coûts, de technologie, de gestion des risques et de conformité. La banque vise notamment une croissance annuelle moyenne du PNB supérieure à 10 %, un coefficient d’exploitation ramené à 45 % et un ratio d’adéquation du capital de 14,5 %. Sa performance de 2025 lui donne une base solide, mais la hausse du crédit impose de préserver la qualité des actifs, la solidité du bilan et la confiance des déposants.
— M. KOSI
