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RDC : 5 milliards USD pour relier les zones de production aux marchés

felix tshisekedi

Le Président Félix Tshisekedi veut accélérer la mise en place des corridors de transport en RDC. Lors du Conseil des ministres du 24 avril 2026, il a confirmé que ces axes doivent réduire les coûts logistiques et soutenir une croissance estimée à 5,9 % en 2026. L’objectif est clair, mieux relier les zones de production aux marchés et rendre les échanges plus fluides dans un pays où le transport reste un frein pour l’économie.

Trois corridors concentrent l’essentiel de cette stratégie. Le corridor Ouest relie Banana, Boma, Matadi et Kinshasa, avec le projet de port en eau profonde de Banana pour améliorer l’accès maritime et faciliter les exportations. Le corridor Sud, entre Ilebo et Lubumbashi, doit connecter le centre du pays aux zones minières du Katanga, qui génèrent une grande part des recettes d’exportation. Le corridor de Lobito, appuyé sur le réseau ferroviaire angolais, vise à offrir une alternative vers l’océan Atlantique et à renforcer les échanges avec les pays voisins.

Un test pour l’exécution des projets d’infrastructures

Selon la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, les besoins de financement pour ces projets sont estimés entre 4,5 et 5 milliards USD. Le gouvernement compte s’appuyer sur des partenariats public-privé, un mécanisme qui associe l’État et des investisseurs privés pour financer et exploiter les infrastructures. La supervision politique est confiée au Vice-Premier ministre chargé des Transports et au ministre de l’Industrie, tandis que la Direction générale des corridors de développement industriel assurera la coordination technique. Le ministère des Finances devra structurer les financements et le ministère des Infrastructures lancer les travaux prioritaires, notamment sur les axes RN39, RN7 et RN8.

Pour l’économie congolaise, les enjeux sont concrets. Des coûts de transport élevés, des ruptures dans les chaînes d’approvisionnement et l’enclavement de certaines zones limitent les échanges et réduisent la compétitivité, en particulier dans le secteur minier. En reliant de manière continue les zones de production, les centres de consommation et les points d’exportation, ces corridors peuvent améliorer la circulation des biens, réduire les délais et, à terme, influencer les prix sur le marché intérieur. La réussite dépendra de la capacité des institutions à coordonner leurs actions, à sécuriser les financements et à exécuter effectivement les travaux dans les délais annoncés.

— Joldie KAKESA

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