Lors de la conférence des gouverneurs, le ministre d’État à l’Agriculture et sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi, a dressé un diagnostic préoccupant du secteur agricole congolais, marqué par une forte dégradation des capacités de production, tout en annonçant une série de réformes orientées vers la modernisation et le désengagement progressif de l’État.
Premier constat : 95 % des infrastructures de production de semences sont aujourd’hui délabrées, un niveau de dégradation qui limite fortement la capacité du pays à assurer une production agricole stable et de qualité. Pour y répondre, le gouvernement prévoit la réhabilitation de 26 Centres d’Appui à la Production de Semences Améliorées (CAAPSA), avec l’objectif de relancer une filière semencière structurée, indispensable à l’amélioration des rendements.
Sur le plan industriel, l’exécutif annonce l’installation de trois usines de production d’engrais, une mesure visant à réduire la dépendance aux importations et à améliorer l’accès aux intrants agricoles. Dans la même logique de modernisation, des unités de montage de tracteurs seront implantées à Musienene et à Kimpese, afin de soutenir la mécanisation du secteur et d’accroître la productivité.
Au-delà des investissements, le changement le plus structurant concerne le rôle de l’État. Le gouvernement entend se désengager progressivement de la production directe pour évoluer vers un modèle davantage porté par le secteur privé. Cette orientation vise à créer un environnement plus durable, où l’État se positionne comme régulateur et facilitateur, plutôt que comme acteur opérationnel.
Ces annonces traduisent une tentative de transformation d’un secteur encore marqué par de fortes contraintes structurelles. L’enjeu reste désormais la mise en œuvre effective de ces réformes, dans un contexte où l’agriculture est appelée à jouer un rôle central dans la diversification de l’économie congolaise.
— M. KOSI
