Au lendemain de la réouverture du guichet du Cadastre Minier (CAMI), intervenue le 3 février 2026, l’administration congolaise a enregistré cinq nouvelles demandes de permis de recherche introduites par Kobold Exploration DRC SA. L’entreprise présente ces démarches comme une étape de mise en œuvre de l’accord signé avec le gouvernement le 18 juillet 2025.
Selon le CAMI, les échanges se sont poursuivis à Kinshasa entre Benjamin Katabuka, administrateur directeur général de Kobold Exploration DRC SA, et Jacques Muyumba Ndubula, directeur général adjoint de l’institution. Les discussions ont porté sur l’état d’avancement du projet et sur les procédures de traitement des nouvelles demandes de titres.
Le dépôt intervient après une fermeture d’environ deux mois du guichet de réception des demandes de droits miniers et de carrière de recherche. Les autorités avaient justifié cette suspension par des travaux d’« assainissement du fichier cadastral », destinés à remettre en ordre les données et les enregistrements liés aux titres. La réouverture a été actée le 2 février 2026.
Titres miniers, données géologiques et projet Manono, ce que cherche l’accord RDC–Kobold
Cette séquence s’inscrit dans une relation déjà formalisée en 2025. Le 2 septembre 2025, le CAMI avait remis à Kobold Metals sept certificats de recherche digitalisés lors d’une cérémonie à Kinshasa. Pour les autorités, ce passage au format numérisé vise à sécuriser les procédures et à rendre la gestion des titres plus traçable.
Dans le secteur minier, un permis de recherche est une pièce centrale. Il n’autorise pas l’exploitation, mais encadre l’exploration d’une zone, avec des obligations et des étapes administratives. Pour l’État, l’enjeu est de garder la main sur l’attribution des titres et sur la qualité du suivi. Pour l’investisseur, c’est la condition pour engager des programmes de terrain, financer des études et préparer, si les résultats sont concluants, les phases suivantes du projet.
Le ministre des Mines, Louis Watum, a rattaché cette démarche à la volonté du gouvernement de promouvoir une exploitation minière responsable, innovante, créatrice de richesses et adossée à la bonne gouvernance, au service de la RDC. Kobold, de son côté, met en avant sa contribution au développement socio-économique. Benjamin Katabuka a évoqué un investissement de « plusieurs dizaines de millions de dollars », en indiquant qu’une part a déjà été payée au titre des frais liés à l’octroi des titres.
L’accord de principe entre la RDC et Kobold Metals, signé en juillet 2025 en présence du président Félix-Antoine Tshisekedi, vise, selon les termes communiqués, à faciliter l’arrivée d’investissements américains dans le secteur minier congolais et à positionner le pays dans les chaînes d’approvisionnement mondiales en minerais stratégiques. Le texte situe aussi ces demandes dans un contexte diplomatique de rapprochement entre Kinshasa et Washington, avec une délégation congolaise annoncée à Washington cette semaine pour discuter de l’état d’avancement du partenariat économique sur les minerais critiques.
Trois piliers ressortent de l’accord. D’abord, la numérisation des données géologiques du pays, encore présentées comme largement inexploitées, avec l’objectif affiché d’améliorer la transparence et l’attractivité du secteur. Ensuite, le recours à des technologies avancées, dont l’intelligence artificielle, pour accroître l’efficacité et la précision des travaux d’exploration. Enfin, le développement du projet de lithium de Manono, dans la province du Tanganyika, décrit comme un gisement de premier plan pour un métal très recherché dans la transition énergétique.
Le dépôt de ces cinq demandes au CAMI marque ainsi une étape administrative attendue dans la mise en œuvre de l’accord, au moment où la RDC remet en marche son guichet et cherche à encadrer, dans un cadre formel, de nouveaux projets d’exploration.
— Peter MOYI
