La Banque centrale du Congo a lancé, le 28 octobre 2025 à Kinshasa, la deuxième revue du programme économique soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) et la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Le Gouverneur André Wameso a reçu la mission conduite par Calixte Ahokposi (FMI) pour tester la cohérence du cadre monétaire et la tenue des engagements avant un passage au Conseil d’administration en décembre 2025. Les travaux se déroulent jusqu’au 5 novembre 2025.
Inflation visée, transmission monétaire et tenue du marché des changes
Le cœur de l’échange porte sur trois blocs techniques.
1) Inflation et taux directeur. Le FMI et la BCC confrontent la trajectoire attendue des prix à la règle d’intervention de la politique monétaire. La question clé : le taux directeur et les conditions de refinancement resserrent-ils assez la demande pour ramener l’inflation vers la cible, sans étouffer le crédit productif ? L’évaluation scrute la vitesse de transmission (délais, ampleur) vers les taux bancaires et le coût du financement des entreprises.
2) Marché interbancaire et gestion de la liquidité. La mission passe au crible la profondeur du marché interbancaire, la répartition de la liquidité entre établissements et l’efficacité des opérations d’open market. Une interbancarité fluide réduit le coût de l’argent et stabilise la courbe des taux ; des frictions exigent des ajustements d’instruments (volumes, maturités, collatéral).
3) Marché des changes et ancrage des anticipations. Les équipes examinent la formation du taux de change, la micro-structure du marché et le calibrage des interventions de la BCC. L’objectif reste d’éviter des mouvements erratiques qui alimenteraient les anticipations d’inflation. L’alignement entre cadre de change, politique de taux et communication officielle conditionne la crédibilité de l’ancrage nominal.
Sur le plan institutionnel, la BCC réaffirme la poursuite des réformes : consolidation du cadre opérationnel, discipline sur les agrégats et suivi rapproché des engagements pris avec le FMI. La séquence de Washington (Assemblées annuelles) et de la Troïka politique fournit le contexte : visibilité internationale, calendrier resserré et nécessité de livrer des résultats mesurables. Si la revue valide la cohérence de la stratégie — trajectoire des prix, qualité de la liquidité, stabilité du marché des changes — le dossier pourra avancer en décembre 2025. Dans le cas contraire, des réglages seront attendus sur les instruments pour préserver l’équilibre interne et externe de l’économie.
— Peter MOYI
