Huit entreprises publiques seulement ont remis leurs prévisions budgétaires 2026, alors que le gouvernement avait repoussé l’échéance de dépôt au 9 janvier 2026. À Kinshasa, la ministre du Portefeuille, Julie Shiku, a donné huit jours aux sociétés qui n’ont pas encore transmis leurs documents, en liant ce retard aux exigences de transparence et de discipline de gestion.
Selon la ministre, les dossiers déjà reçus concernent la REGIDESO, la SNCC, la SONAS, l’ONATRA, la SONAL, la COBIL, la SONA-HYDROC et LMC. Elle dit s’interroger « avec la plus grande gravité » sur les raisons qui empêchent la majorité des entreprises du portefeuille de l’État de s’acquitter de cette obligation, au détriment, selon elle, des intérêts de l’État actionnaire.
Dans un pays où la stabilité budgétaire influence directement la politique monétaire, l’enjeu dépasse le simple calendrier administratif. Quand les entreprises publiques ne planifient pas leurs recettes et leurs dépenses, l’État dispose de moins de visibilité sur les transferts attendus, les besoins de subventions, ou les risques de dettes. Cette incertitude peut ensuite peser sur la gestion de la trésorerie publique, donc sur les besoins de financement, et, en bout de chaîne, sur l’équilibre macroéconomique que surveille la Banque centrale.
Julie Shiku a prévenu que les prévisions validées à l’issue des travaux feront office de contrats de performance entre l’État actionnaire et chaque entreprise. Leur exécution devra être suivie et évaluée de manière périodique, sur la base d’indicateurs de performance consignés dans les procès-verbaux. La ministre demande aussi des prévisions « réalistes » pour éviter les écarts entre ce qui est annoncé et ce qui est réellement exécuté.
Le message est clair : le budget est présenté comme un instrument de pilotage, censé encadrer la trésorerie, conditionner les investissements et permettre une évaluation chiffrée des résultats. La ministre appelle enfin à une gestion moins réactive et plus planifiée, avec une vision pluriannuelle, des mesures correctives en cas de contre-performance, et une obligation de redevabilité vis-à-vis de l’État et du public.
— Peter MOYI
