La société américaine Copper Intelligence prévoit de lancer, dans un délai de quatre à six semaines, une campagne de forage sur son permis de Butembo, au Nord-Kivu. Le projet couvre environ 80 km² et présente déjà des échantillons pouvant atteindre 18 % de cuivre, selon les premières observations de surface.
Alors que l’exploitation du cuivre en République démocratique du Congo reste concentrée dans le Grand Katanga, cette initiative ouvre une piste à l’Est du pays. Les indices ont été identifiés après des découvertes réalisées par des exploitants artisanaux, avec du cuivre oxydé visible à faible profondeur. Les zones minéralisées s’étendent sur près de 7 kilomètres, ce qui suggère un potentiel qui dépasse un simple point isolé. Les forages à venir doivent confirmer si ces teneurs observées en surface correspondent à un gisement exploitable à plus grande échelle.
Une exploration à faible coût dans un environnement stratégique
Le programme d’exploration démarre avec un budget estimé à 1,5 million USD. Ce niveau d’investissement correspond à une phase préliminaire, centrée sur la validation du potentiel géologique avant toute décision plus lourde. En clair, il s’agit de vérifier si le sous-sol contient suffisamment de cuivre pour justifier le développement d’une mine, une étape clé dans l’industrie minière.
La localisation du projet constitue un autre élément important. Situé à environ 50 km de la frontière ougandaise, le site peut s’appuyer sur un corridor logistique vers l’Afrique de l’Est, notamment en direction du port de Mombasa au Kenya. Cette option peut réduire les distances de transport par rapport aux mines du sud du pays, souvent dépendantes de corridors plus longs vers l’océan Indien.
Sur le plan commercial, l’entreprise affiche une orientation claire. Son président, Andrew Groves, indique vouloir privilégier des débouchés vers les États-Unis. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte où le cuivre est de plus en plus recherché pour les réseaux électriques, les énergies renouvelables et les technologies numériques. Le projet s’insère aussi dans une dynamique de concurrence entre grandes puissances pour sécuriser l’accès à ces ressources.
Le contexte sécuritaire reste un facteur à surveiller. Le projet évolue dans une zone concernée par la coopération militaire entre la RDC et l’Ouganda, notamment dans le cadre de l’Opération Shujaa. Les résultats des prochains forages seront déterminants pour savoir si Butembo peut s’imposer comme un nouveau pôle du cuivre en RDC.
— M. MASAMUNA
