RDC : croissance à 5,5 % en 2025, inflation à 2,3 % et déficit à 2,9 % du PIB selon la Banque mondiale

La croissance économique de la République démocratique du Congo a ralenti à 5,5 % en 2025 contre 6,1 % en 2024, selon le dernier rapport de la Banque mondiale présenté à Kinshasa le 24 mars 2026. Dans le même temps, l’inflation a fortement chuté à 2,3 % fin 2025 contre 11,7 % un an plus tôt, tandis que le déficit budgétaire s’est creusé à 2,9 % du PIB.

Le rapport, remis au vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale par le directeur des opérations de la Banque mondiale, souligne que la croissance reste tirée par le secteur minier. L’augmentation des exportations de cuivre a permis de compenser en partie l’impact de la suspension des exportations de cobalt entre février et octobre 2025. Cette dynamique a aussi contribué à améliorer la position extérieure, avec un déficit courant réduit de 4,2 % du PIB en 2024 à 3,6 % en 2025, soutenu par des volumes élevés d’exportation et des prix favorables de l’or.

La stabilité macroéconomique s’appuie également sur l’appréciation du franc congolais, estimée à environ 30 % face au dollar en 2025, et sur une politique monétaire restrictive. Ces facteurs ont permis de contenir les pressions inflationnistes et de renforcer la confiance dans l’économie. Mais la structure de la croissance reste peu inclusive, concentrée dans des secteurs à forte intensité de capital, avec un impact limité sur l’emploi formel.

Des finances publiques sous pression et des entreprises publiques à risque

Malgré ces performances, les finances publiques se dégradent. Le déficit budgétaire passe de 1,9 % du PIB en 2024 à 2,9 % en 2025, sous l’effet de la hausse des dépenses sécuritaires et salariales, dans un contexte de tensions persistantes dans l’Est du pays. Les dépenses de défense ont triplé pour atteindre 3,4 % du PIB. Parallèlement, les recettes fiscales ont été affectées dans les zones en conflit.

La dette publique reste contenue à 23,2 % du PIB, avec un risque de surendettement jugé modéré. Mais les entreprises publiques représentent une source importante de vulnérabilité, avec environ 42 % de la dette extérieure. Le rapport souligne que leurs performances financières restent faibles, avec des pertes cumulées estimées à 5,3 milliards USD entre 2014 et 2023, soit en moyenne plus de 500 millions USD par an.

Pour les années à venir, la Banque mondiale projette une croissance autour de 5,1 % entre 2026 et 2028, soutenue par les projets d’infrastructures comme Inga 3 et le corridor de Lobito, ainsi que par la production minière. Les perspectives restent toutefois exposées à plusieurs risques, notamment la volatilité des prix des matières premières, les retards dans les réformes et l’insécurité dans l’Est.

L’institution recommande de renforcer la gouvernance et la performance des entreprises publiques, d’améliorer la gestion des ressources humaines et de poursuivre les réformes pour soutenir la productivité. L’objectif est de réduire les risques budgétaires et de consolider les acquis macroéconomiques dans un environnement encore fragile.

— M. KOSI

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