La Banque Centrale du Congo confirme une orientation globalement stable de l’économie congolaise en ce début d’année 2026, avec une croissance attendue à 6,2 % et une inflation ramenée à 2,2 % à fin mars. Ces conclusions ressortent de la réunion du Comité de politique monétaire tenue le 9 avril à Kinshasa. Cette course intervient dans un environnement international incertain, marqué notamment par les tensions au Moyen-Orient et leurs effets sur les marchés énergétiques et le commerce mondial.
L’activité économique reste portée en premier lieu par le secteur extractif, qui continue de jouer un rôle central dans la formation de la richesse nationale. Dans le même temps, les activités hors mines gagnent progressivement en poids, notamment les services, le commerce et l’agriculture, signe d’une diversification encore partielle mais en progression.
Le recul de l’inflation constitue l’un des éléments les plus marquants de cette conjoncture. Le taux annuel est passé de 10,1 % à 2,2 % en un an, traduisant l’effet des mesures de régulation monétaire, en particulier le contrôle de la liquidité bancaire et les ajustements opérés par la banque centrale.
Malgré cette amélioration, plusieurs facteurs de risque persistent. Les tensions sur les prix alimentaires, notamment les céréales dans certaines régions, ainsi que la volatilité des prix de l’énergie au niveau international, restent susceptibles de raviver les pressions inflationnistes.
Le marché des changes reflète également ces déséquilibres. Depuis le début de l’année, le franc congolais s’est légèrement apprécié sur le marché parallèle, mais s’est déprécié sur le marché officiel, sous l’effet d’une demande accrue de devises, notamment après les fêtes de fin d’année.
Dans ce contexte, la Banque Centrale du Congo a opté pour un ajustement mesuré de sa politique monétaire, en abaissant son taux directeur à 13,5 %, tout en maintenant un cadre prudent afin de préserver les équilibres macroéconomiques. Cette orientation vise à soutenir l’activité économique sans compromettre la stabilité des prix.
Au regard de ces indicateurs, l’économie congolaise affiche une résilience réelle, mais reste exposée à des contraintes structurelles et à des chocs externes qui exigent une gestion rigoureuse des politiques économiques.
— M. KOSI
