Le 20 décembre 2025, la RDC et la République du Congo ont formalisé un accord qui fixe à 30 mégawatts la puissance maximale d’électricité pouvant circuler entre leurs réseaux. La SNEL SA côté RDC et E2C SAU côté Congo Brazzaville disposent désormais d’un cadre contractuel précis pour ces échanges transfrontaliers.
Une interconnexion encadrée pour sécuriser les flux et les factures
Signé à Brazzaville par le ministre congolais des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, et son homologue de la République du Congo, Émile Ouosso, le texte transforme des échanges historiques en un dispositif structuré, avec des règles claires sur la capacité, le prix et la qualité de l’énergie.
Sur le plan technique, l’accord confirme une puissance d’échange maximale de 30 MW. Ce plafond permet aux deux gestionnaires de réseau de planifier les flux en fonction des pics de demande, de limiter les risques de surcharge et de mieux intégrer ces volumes dans leurs plans d’exploitation. En pratique, il s’agit de disposer d’une marge de manœuvre pour soutenir un réseau en difficulté, par exemple lors de travaux ou de pannes sur certaines lignes.
Sur le plan commercial et financier, le contrat détaille les mécanismes de tarification et les modalités de facturation. Les deux entreprises publiques disposent ainsi de règles communes pour calculer les volumes livrés, valoriser chaque kilowattheure échangé et traiter les écarts entre l’énergie injectée et l’énergie effectivement consommée. Ce type de dispositif réduit les contentieux liés aux écarts de mesure ou aux retards de paiement et facilite la réconciliation des comptes entre la SNEL SA et E2C SAU.
L’accord prévoit aussi des normes de qualité pour l’électricité échangée, avec des références en matière de tension, de fréquence et de continuité de service. Pour les opérateurs, cela conditionne la stabilité du réseau et limite les risques pour les équipements industriels et domestiques reliés aux deux systèmes électriques.
Ce texte est l’aboutissement d’environ trois années de négociations entre les opérateurs publics des deux Congo. Il donne une base juridique et technique à des flux qui existaient déjà et les inscrit dans une logique d’interconnexion régionale. À terme, ce type de montage peut servir de plateforme à d’autres projets d’intégration électrique en Afrique centrale, qu’il s’agisse d’augmenter les capacités d’échange ou de connecter de nouveaux postes et lignes transfrontaliers.
Pour les populations, l’impact se joue sur la fiabilité de l’alimentation plutôt que sur un gain immédiat en puissance installée. Une interconnexion mieux encadrée doit limiter les coupures liées à des déséquilibres de réseau et offrir plus de souplesse aux opérateurs pour gérer la demande en période de tension.
M. KOSI
