Au 13 octobre 2025, le franc congolais s’échange à 2 309,56 CDF pour 1 USD contre 2 882,42 CDF fin juillet. Le glissement annuel des prix recule à 6,177 % et le taux directeur à 7 jours est ramené à 17,50 %.
Le fait principal de cette séquence tient à l’appréciation rapide du CDF face au dollar : environ 20 % gagnés entre fin juillet et la mi-octobre. Ce mouvement renforce le pouvoir d’achat sur les biens importés et allège, en monnaie locale, la charge des engagements extérieurs libellés en devises. La stabilité de ce niveau reste à surveiller, car un tel ajustement du change modifie les arbitrages de prix et de marges dans toute l’économie.
Côté politique monétaire, la Banque centrale abaisse son taux à 7 jours à 17,50 % (contre 25 % auparavant). Les adjudications signalent des coûts de refinancement encore élevés, mais orientés à la baisse : TMP 7 jours 15,24 % (Tm 16,00 %), TMP 28 jours 17,30 % (Tm 17,50 %) et 84 jours 25,00 %. Le canal des taux reste restrictif sur les maturités longues, ce qui limite la prise de risque excessive tout en desserrant légèrement l’accès au crédit de court terme.
Sur les prix, la respiration est nette. L’inflation hebdomadaire ressort à -1,158 % ; le cumul annuel s’établit à 4,701 %, avec un glissement annuel à 6,177 % et une annualisée à 5,999 %. Le recul des indices coïncide avec le renforcement du CDF et la modération monétaire. Le sommet de 20,72 % atteint en juin 2024 s’éloigne, ce qui conforte l’ancrage des anticipations.
Ce que cela change pour ménages, entreprises et budget
Pour les ménages, la détente des prix améliore le panier de consommation, surtout là où la composante importée est élevée. Les entreprises bénéficient d’intrants et d’équipements facturés en devises moins coûteux ; la baisse graduelle des rendements sur les courts termes peut relancer des projets avec cycles de trésorerie plus courts, même si le coût du capital demeure contraignant sur les maturités supérieures. Pour les finances publiques, l’appréciation du CDF réduit en partie la valeur en monnaie locale du service de la dette extérieure, mais peut diminuer certaines recettes converties depuis l’USD ; l’équilibre budgétaire gagne à être piloté avec précision.
La trajectoire qui s’esquisse — change plus ferme, inflation en reflux, taux réajustés — ouvre une fenêtre pour stabiliser les anticipations et relancer l’investissement productif. La suite dépendra de la continuité des signaux monétaires et budgétaires, de l’offre de devises tirée des exportations, et de la gestion des aléas internes et externes qui pèsent sur les prix et la liquidité.
— M. KOSI
