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RDC : Kinshasa réunit 500 acteurs pour relancer les infrastructures du 8 au 10 avril 2026

Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo

Du 8 au 10 avril 2026, Kinshasa accueille près de 500 professionnels des travaux publics à l’occasion d’une conférence nationale dédiée aux infrastructures. L’objectif est clair : repositionner ce secteur comme un moteur direct de la croissance économique en RDC, sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi.

L’événement rassemble des décideurs publics, des entreprises et des experts autour d’un même constat : sans routes fiables, sans ponts fonctionnels et sans réseaux logistiques efficaces, l’économie tourne au ralenti. Le ministère des Infrastructures et Travaux publics veut donc reprendre la main. Son ministre, John Banza Lunda, annonce une ambition précise : faire de l’État un pilote capable de coordonner les projets, de réguler le secteur et de suivre l’exécution des investissements.

Moderniser les infrastructures pour soutenir l’économie

Les discussions portent d’abord sur un point central : moderniser les infrastructures pour faciliter les échanges. Une route en mauvais état augmente le coût du transport. Un corridor logistique mal structuré ralentit la circulation des marchandises. Au final, ce sont les prix qui augmentent pour les entreprises et pour les ménages.

Les infrastructures agissent donc comme un levier économique direct. Quand elles sont efficaces, elles réduisent les coûts, améliorent la mobilité et stimulent le commerce. C’est dans ce cadre que l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT) met en avant son rôle dans la réalisation des projets structurants. Son directeur général, Nico Nzau, doit présenter les réalisations et les perspectives de l’agence.

Cette présence traduit une volonté de valoriser les compétences locales. Le secteur reste encore dépendant de partenaires extérieurs pour la conception et la mise en œuvre de grands projets. L’enjeu est donc aussi de renforcer l’expertise nationale pour réduire cette dépendance.

Au-delà du diagnostic, la question du financement occupe une place centrale. Les besoins sont importants et les ressources publiques restent limitées. Les partenariats public-privé (PPP) apparaissent comme une solution privilégiée. Ce modèle permet à l’État de collaborer avec des investisseurs privés pour financer, construire et gérer des infrastructures.

Concrètement, cela signifie mobiliser des capitaux privés tout en garantissant un cadre clair et sécurisé pour les investisseurs. Mais cela suppose aussi de renforcer les capacités techniques de l’administration, afin de négocier et suivre ces contrats de manière efficace.

L’innovation technologique fait également partie des priorités. Elle permet de construire des infrastructures plus durables, mais aussi de réduire les coûts sur le long terme, notamment en matière de maintenance. Pour un pays comme la RDC, où les contraintes budgétaires sont fortes, cet aspect devient déterminant.

Cette conférence marque une étape dans la volonté des autorités de structurer le secteur. Mais l’essentiel se jouera après. La capacité à transformer ces orientations en projets concrets, visibles sur le terrain, sera le véritable indicateur de succès pour l’économie congolaise.

— Joldie KAKESA

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