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RDC : la Banque mondiale prévoit une baisse progressive des prix agricoles après 2025

cacao et du café

Les prévisions publiées fin juillet 2025 par la Banque mondiale tracent un scénario contrasté pour les marchés agricoles de la République démocratique du Congo. D’ici 2026 et 2027, les prix du café et du cacao devraient reculer légèrement après une année 2025 marquée par une poussée temporaire liée aux aléas climatiques. Ces perturbations de l’offre devraient se traduire par une tension passagère sur le marché des boissons, tandis que le riz et le soja, portés par des stocks plus abondants et une demande en repli, verraient leurs prix diminuer.

En toile de fond, l’économie congolaise continue de s’appuyer sur ses mines et son pétrole, un modèle vulnérable aux variations des cours mondiaux. Cette dépendance à l’extérieur met en lumière un besoin urgent : élargir la base productive du pays et réduire les importations massives qui grèvent la balance commerciale. Les chiffres sont éloquents : chaque année, environ 3 milliards de dollars sortent du pays pour acheter des denrées agroalimentaires produites ailleurs.

Les recommandations des économistes sont claires. La RDC doit miser sur la transformation locale et la valorisation de ses productions agricoles, plutôt que d’exporter des matières premières brutes et d’importer ensuite des produits finis à prix fort. Un tel virage renforcerait non seulement la résilience du pays face aux chocs extérieurs, mais créerait aussi de nouvelles chaînes de valeur et des emplois qualifiés sur le territoire.

La question n’est pas de savoir si ces réformes sont nécessaires, mais quand elles seront mises en œuvre de manière effective. Dans un contexte où les recettes d’exportation restent étroitement liées aux marchés miniers, retarder cette transition expose l’économie congolaise à des vulnérabilités récurrentes, comme celles que la Banque mondiale anticipe pour les prochaines années.

— Peter MOYI

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