RDC : la Justice enquête sur une présumée corruption autour des paiements publics à la BCC

ministère de la justice

Le ministère de la Justice a annoncé l’ouverture d’enquêtes judiciaires après des soupçons de tentative de corruption liés au traitement des ordres de paiement informatisés (OPI) à la Banque centrale du Congo. Selon un communiqué consulté par notre rédaction, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, a donné injonction au Procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe d’engager des investigations sur des faits jugés graves. L’affaire concerne un individu qui se serait présenté comme agent du Secrétariat général des Petites et Moyennes Entreprises, muni d’un faux mandat, afin d’approcher des responsables du ministère de la Formation professionnelle.

D’après les premières informations communiquées par les autorités, cet homme aurait proposé un mécanisme destiné à accélérer le traitement de plusieurs OPI restés en attente à la Banque centrale du Congo. En échange, il aurait exigé le paiement d’un pourcentage sur les montants qui seraient débloqués. Les autorités judiciaires cherchent désormais à déterminer si cette démarche relevait d’une initiative isolée ou d’un système plus large impliquant d’autres personnes dans les circuits administratifs et financiers de l’État.

Les retards des OPI alimentent les soupçons dans les administrations publiques

En RDC, les ordres de paiement informatisés constituent une étape centrale dans l’exécution des dépenses publiques. Après validation par les services du ministère des Finances, ces ordres sont transmis à la Banque centrale du Congo avant les opérations de paiement vers les banques commerciales. Dans plusieurs administrations, les lenteurs observées dans le traitement des OPI provoquent régulièrement des tensions de trésorerie, des retards de paiement et des blocages administratifs qui affectent le fonctionnement des services publics.

Ce contexte alimente depuis plusieurs années des soupçons de pratiques informelles autour de l’accélération des dossiers financiers. Le ministère de la Justice estime que les faits dénoncés pourraient relever d’une tentative de corruption prévue par le Code pénal congolais si les accusations sont confirmées. Les autorités considèrent aussi que ce type de pratiques peut fragiliser la crédibilité des institutions financières publiques et perturber le fonctionnement normal des mécanismes de paiement de l’État.

L’enquête ouverte par le parquet de Kinshasa/Gombe devra identifier les auteurs présumés, les éventuels complices ainsi que les possibles bénéficiaires du système dénoncé. Cette affaire intervient dans un contexte où les autorités congolaises multiplient les annonces sur le renforcement de la gouvernance publique et la lutte contre la corruption dans la gestion des finances publiques.

— M. KOSI

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