Réuni à Kinshasa le 18 décembre 2025, le Comité de stabilité financière, présidé par le ministre des Finances Doudou Doudou Fwamba Likunde Li Botayi, avec la participation du gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso, a passé en revue l’état du système financier congolais. Message central, les autorités jugent le secteur bancaire globalement solide, mais choisissent de renforcer encore la vigilance face aux chocs possibles.
Croissance des banques, gestion des risques et marges de sécurité
Selon le compte rendu de cette réunion, les banques et les autres institutions financières continuent de développer leurs activités, avec une rentabilité jugée confortable et un niveau de risque considéré comme maîtrisé. Autrement dit, les établissements disposent de marges qui leur permettent d’absorber des pertes éventuelles, tout en continuant à financer l’économie. Même si aucun ratio chiffré n’est rendu public, la Banque centrale estime que les fonds propres, la qualité du portefeuille de crédits et les réserves de liquidités restent dans une zone jugée acceptable.
Ce diagnostic positif ne signifie pas que le Comité se contente de la situation actuelle. Le contexte régional et international reste instable, avec des tensions sur les taux d’intérêt, des mouvements de capitaux parfois brusques et des pressions possibles sur le taux de change du franc congolais. Dans un tel environnement, une bonne photographie du système financier à la fin de l’année ne suffit pas, les autorités doivent aussi se projeter sur les chocs futurs.
C’est dans cet esprit que la Banque centrale met en avant les instruments de supervision dits macroprudentiels. Elle réalise des scénarios de crise, des tests de résistance qui simulent par exemple une forte dépréciation de la monnaie, une hausse soudaine du coût du refinancement ou une montée des défauts de paiement des entreprises. L’objectif est de vérifier si les banques resteraient solvables, si elles continueraient à prêter et si les ménages pourraient toujours accéder à leurs dépôts sans panique.
Le Comité annonce également un renforcement des mécanismes d’alerte et de coordination avec le Trésor. Cette articulation entre politique budgétaire et politique monétaire est décisive pour éviter que des tensions sur la dette publique ou sur les besoins de financement de l’État ne se répercutent trop brutalement sur les banques. En protégeant l’épargne, en soutenant la capacité de crédit et en maintenant la confiance des investisseurs, cette ligne de conduite vise à limiter le risque de crise financière, qui serait particulièrement coûteuse pour une économie comme celle de la RDC, encore très dépendante du canal bancaire pour le financement des entreprises et des ménages.
M. KOSI
