Des automobilistes dénoncent un contrôle technique vidé de sa substance en République démocratique du Congo. On paie, on repart avec une fiche, sans examen sérieux du véhicule ni garantie pour la sécurité routière.
Ce que perdent la sécurité et l’économie quand l’inspection n’a pas lieu
Le contrôle technique devrait certifier l’état des freins, de la direction, des pneus, des émissions et des systèmes essentiels. À la place, des usagers décrivent un passage administratif qui se limite au paiement et à la remise d’un document. Pas d’inspection visuelle rigoureuse, pas de banc d’essai, pas de diagnostic électronique. La route se retrouve avec des véhicules dont la fiabilité n’a pas été vérifiée, alors que la finalité du contrôle reste la prévention des accidents et la réduction des coûts sociaux liés aux sinistres.
Cette pratique ressemble à une collecte de recettes sans contrepartie. Quand le service n’est pas rendu, la confiance s’effrite et les opérateurs qui encaissent doivent répondre de l’absence de prestation. La sécurité publique en pâtit, tout comme les finances des ménages confrontés à des pannes évitables, des primes d’assurance plus élevées et du temps perdu.
Un système exigeant aurait pu générer des emplois dans des garages agréés, avec des mécaniciens formés, des procédures standardisées et des équipements certifiés. Ce maillage soutient la filière mécanique, élève la qualité des réparations et crée des compétences. Des pays ont vu émerger des PME solides à partir d’ateliers de maintenance, avant de structurer une industrie plus large. L’exemple cité par les partisans de la réforme renvoie à l’Asie de l’Est, où des ateliers travaillant sur des véhicules importés ont nourri un tissu industriel plus ambitieux.
Le pays peut remettre le contrôle technique sur ses rails : agrément transparent des centres, protocole d’inspection public, traçabilité des opérations, publication des données d’activité, formation continue des opérateurs. Sans ces garde-fous, on entretient l’idée décrite par un critique : « un contrôle sans contrôle = une taxe sans service ». La route mérite mieux qu’une formalité payante ; elle demande un dispositif qui teste réellement les véhicules et protège les usagers.
— M. KOSI
