RDC : le gouvernement relance des projets pétroliers pour sécuriser l’approvisionnement dans le Grand Équateur, le Kasaï et le Sankuru

La ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a annoncé le 8 janvier 2026 une série de projets destinés à renforcer l’approvisionnement en produits pétroliers dans trois zones souvent confrontées à des pénuries, le Grand Équateur, le Kasaï et le Sankuru. La réunion, organisée avec des cadres d’entreprises de logistique et de distribution, vise à traduire en chantiers concrets une promesse récurrente de l’État : sécuriser l’arrivée du carburant dans l’intérieur du pays.

Dans un pays où le carburant est un intrant clé pour les transports, l’agriculture et l’activité commerciale, la question ne relève pas seulement de la logistique. Elle touche aussi l’équilibre macroéconomique. Quand l’approvisionnement se dérègle, les coûts de transport montent, les prix locaux s’ajustent à la hausse, et la pression se reporte sur l’inflation. Pour une banque centrale qui cherche à stabiliser les prix et la monnaie, ces chocs “réels” finissent par peser autant que les facteurs financiers.

La ministre a détaillé des priorités pour 2026 : construction de nouveaux pipelines, installation de capacités de stockage supplémentaires et réhabilitation d’infrastructures existantes. L’idée est de réduire les ruptures et d’améliorer la couverture dans des provinces considérées comme sous-servies.

Du côté des opérateurs, le calendrier est encore technique. Olivier Okunda, directeur général adjoint de Cobil, explique que la rencontre doit déboucher sur une liste de projets “faisables”, appuyés par des données techniques et quantitatives qui seront transmises au gouvernement pour arbitrage. Autrement dit, avant les annonces budgétaires et les validations politiques, il faudra chiffrer les besoins réels : volumes à acheminer, capacités de stockage à créer, infrastructures à remettre en état.

L’échange s’inscrit dans la continuité d’une table ronde tenue en 2022 entre l’État et les opérateurs pétroliers. À l’époque, les participants avaient recommandé l’élaboration d’une feuille de route dédiée pour améliorer la desserte du Grand Équateur et du Grand Kasaï. Les mesures proposées ciblaient les goulets d’étranglement habituels : dragage et balisage des voies navigables, entretien et réhabilitation des routes nationales, et construction de stations-service dans chaque territoire.

D’autres recommandations visaient le contrôle et la sécurisation du marché. Les opérateurs avaient plaidé pour l’extension du programme de marquage moléculaire des carburants, un outil de traçabilité, et pour un renforcement des capacités logistiques, notamment via la dotation des provinces en équipements de lutte contre l’incendie, indispensables pour le stockage et la manutention des produits pétroliers.

Sur le volet transport, les acteurs du secteur ont également demandé des subventions à la SNCC afin d’augmenter les volumes acheminés et le nombre de wagons-citernes. Ils appellent enfin l’État à garantir une régularité de l’approvisionnement et à faire respecter la structure des prix en vigueur. En filigrane, une préoccupation : limiter les écarts de prix et les tensions spéculatives qui apparaissent souvent quand le carburant devient rare dans certaines provinces.

En 2026, l’enjeu est donc double : améliorer la logistique pour éviter les ruptures, et réduire un facteur de hausse des coûts qui, par ricochet, nourrit la pression sur les prix.

— Peter MOYI

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