La RDC a repris l’exportation de son cobalt depuis vendredi dernier. Lundi, à Kinshasa, le ministre des Finances Doudou Likunde Li-Botayi a présenté cette reprise comme un retour à la normale après une suspension décidée pour « protéger les intérêts du pays » et remettre de l’ordre dans la filière.
Selon le gouvernement, l’objectif est double. D’un côté, faire rentrer plus de recettes dans les caisses publiques à court terme. De l’autre, encadrer davantage un produit très demandé dans la transition énergétique mondiale, où le cobalt reste une matière première recherchée, notamment pour certaines batteries.
Le ministre affirme que les exportations doivent désormais se faire avec des règles plus strictes. Il met en avant trois axes : la traçabilité (savoir d’où vient le cobalt et par quel circuit il passe), la transparence (rendre les opérations plus lisibles) et une meilleure redistribution des revenus, au profit du Trésor public et des communautés locales.
Pour l’exécutif, cette reprise doit aussi aider à stabiliser le marché et à conforter la place de la RDC comme premier producteur mondial de cobalt. Le message vise à la fois les partenaires internationaux, qui veulent des chaînes d’approvisionnement mieux contrôlées, et les opérateurs miniers, appelés à respecter leurs engagements.
L’annonce politique suffit-elle si l’autorité de régulation ne suit pas ?
Plusieurs observateurs restent prudents. Ils rappellent que les décisions opérationnelles sur l’exportation des substances minérales stratégiques relèvent d’abord de l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (ARECOM). Pour eux, l’effet réel de la reprise dépendra surtout des actes réglementaires pris par l’autorité compétente et de la capacité à appliquer des contrôles sur le terrain.
Autrement dit, le signal est donné au niveau politique. La suite se jouera dans les mécanismes concrets : règles écrites, inspections, sanctions en cas de non-respect, et suivi des revenus pour vérifier ce qui revient effectivement au Trésor et aux communautés locales.
— M. KOSI
